1571213/02/1995POITIERS
Après deux semaines de grève, direction et syndicats sont parvenus à un accord dans la nuit de vendredi à samedi. Une première étape.
Il était environ 1 heure, samedi matin. Après un vote unanime, le travail a repris dans les ateliers de nuit après la signature du protocole d’accord entre la direction et l’intersyndicale des deux établissements Schlumberger de Poitiers et de Chasseneuil. Après deux semaines de grève, les deux camps se sont engagés sur la voie de la discussion et mis fin à un conflit qui avait rapidement provoqué la paralysie du site de production. Parmi les dispositions contenues dans ce protocole figurent notamment les modalités de fin de conflit. A quelques aménagements près, les jours de grève seront rémunérés, une journée devant être récupérée ultérieurement, une autre sera prélevée sur le salaire de juin. La société abandonne également les poursuites judiciaires lancées il y quelques jours à l’encontre de huit salariés ayant bloqué l’entrée d'un camion. C’est justement devant le tribunal que les grévistes et la direction ont pu établir un début de dialogue jusque-là bien difficile à obtenir. Jeudi, la direction avait proposé de débattre des salaires le 23 février tandis que l’intersyndicale réclamait une médiation. Sans doute parce que le conflit n’avait que trop duré et qu’il fallait rattraper le temps perdu, les deux parties sont rapidement parvenues à l’accord passé vendredi. La direction a décidé d’accorder une prime de 2.400 F liée aux bons résultats de l’an passé et qui sera versée sur le salaire de février. Les grévistes ont également obtenu la reconduction pour l’année 1995 de la formule de calcul de cette fameuse prime. Sur la question de l’emploi et de l’embauche des contrats précaires, la direction s’est engagée à organiser avec les syndicats un calendrier de réunions. Dans l’immédiat, quatre embauches seraient acquises et serviraient selon un délégué syndical à renforcer prochainement les équipes de nuit de Poitiers. Les revendications salariales, principal moteur du conflit, n’ont pas été oubliées. Elles seront discutées le 23 février prochain dans le cadre d’une commission paritaire qui se tiendra au siège de Schlumberger, à Montrouge. Les syndicats ont l’intention d’obtenir un engagement de la direction vis à vis des bas salaires ainsi qu’un nouveau calendrier d’augmentation. « Nous avons remporté une première étape, confiait hier un représentant de l’intersyndicale, mais la question des salaires reste à discuter. Nous sommes confiants, les choses semblent bouger dans le bon sens ».
L Oger
le 30/03/2025 à 15:21
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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