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1571314/02/1995CHATELLERAULT

COMME QUELQUE CHOSE DE CASSÉ

Malgré des avancées, l’amertume est au rendez-vous pour les salariés de Sextant qui ont repris le travail

L’ultime réunion entre délégués centraux et directeur des ressources humaines du groupe Sextant Avionique s’est déroulée vendredi après-midi à Meudon. Elle n’a rien apporté de plus que ce que l’on savait déjà. La direction, dans un communiqué, soulignait que sa proposition constituait « le maximum de ce qu’il était économiquement et socialement possible de faire », à savoir une augmentation uniforme de 300 F par mois pour l’ensemble du personnel et un volume d’augmentation individuelle pour gérer les évolutions de carrière des techniciens supérieurs et des cadres, correspondant à 1,2 % de la masse salariale de ces catégories. « Le cumul de ces mesures représente une augmentation de 2,6 % de la masse salariale totale de la société. Quant à l’augmentation mensuelle généralisée, elle correspond à plus 4 % pour un salaire de 8.000 F, et plus 3,25 % pour un salaire de 10.000 F.

Côté délégués, on rappelait que la contre-proposition émise par les cinq organisations syndicales, CGT, CFDT, CGC, FO, CFTC, était basée sur la répartition égalitaire de l’augmentation, sans question de catégories de personnels ou de primes, soit 443 F pour tous. C'est ce qui a été demandé lors des dernières négociations de Meudon, et a fait l’objet d’une fin de non-recevoir de la direction.

« Le malaise demeure »

Ce lundi matin, les organisations syndicales ont donc décidé de rouvrir les portes du centre de logistique CLI qui avaient été cadenassées comme les jours précédents. A 9 h 5, dans une prise de parole, l’intersyndicale a rappelé les derniers événements. Elle a ainsi relaté qu’après avoir écouté les différentes propositions, le directeur des ressources humaines avait clôturé la séance en indiquant que Sextant « appliquerait unilatéralement sa décision (...) ». Celle-ci ne satisfait aucune des organisations syndicales. Cependant ces dernières ont souligné comme autant d’éléments positifs, l’ampleur de la mobilisation, la durée du mouvement - dix jours – et l’union jusqu’au bout des cinq organisations. « Il reste maintenant aux salariés des différents sites à se prononcer sur les suites à donner à ce conflit ».

Un conflit dont la conclusion a fait naître chez les délégués un sentiment d’amertume, comme si quelque chose s’était cassé : « Nous sommes allés au maximum de ce qu’il était possible de faire », disait-on, « et cela dans une ambiance qui ne s’est jamais dégradée, où il n’y a eu aucun clash. Nous regrettons que l’on nous oppose le fait du prince alors qu’il y avait chez nous l’unanimité. Comme si l’on voulait dresser les uns contre les autres.

Plusieurs points positifs ont malgré tout apporté un peu de lumière : l’abandon par la direction de la question du sureffectif qui concernait douze personnes à La Brelandière - cela même si sont proposés dans plusieurs cas des postes hors Châtellerault, ce qui créera forcément des problèmes - et le gain uniforme de 300 F mensuels, « pas négligeable, notamment pour les salaires les plus bas ».

Enfin, les délégués font état de deux premières au sein du groupe : la solidarité à la fois des syndicats et des sites, Châtellerault, Vélizy, Bordeaux, Vendôme, Conflans.

Claude Aumon

 

 

le 30/03/2025 à 15:24

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

aéronautique, groupe, grève, négociations, reprise

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