1572909/03/1995CHATELLERAULT
A l’occasion de la Journée internationale de la Femme, des salariées de Valéo et Magneti-Marelli dénoncent ce qu’elles considèrent comme des atteintes à leurs droits
« Nous ne nous exprimons pas qu’une fois par an, mais, aujourd’hui, nous tenons à profiter de cette journée symbolique, pour le faire avec une plus grande détermination ». Sentiment unanime, hier matin, de la part de salariées de Valéo et Magneti-Marelli, syndiquées à la CGT : « Il faut crier bien fort les injustices commises par les patrons et veiller à ce que les droits acquis ne volent pas en éclats ».
Dénominateur commun de ces femmes, elles travaillent chez des équipementiers de l’automobile qui appartiennent à des groupes italiens. Première constatation : « L’interdiction du travail de nuit des femmes date de 1895 et pourtant cette interdiction est actuellement mise à mal ». Exemple chez Valéo où la majorité des postes d’OS (ouvrier spécialisé), est tenue par des femmes, on a fait appel au volontariat pour travailler la nuit. Réflexion de l’une des syndiquées : « Ce n’est pas du volontariat, mais une obligation pour certaines car elles réagissent par nécessité financière. Il faut savoir que dans beaucoup de familles, le salaire de la femme n’est plus complémentaire, mais assure l’équilibre, surtout quand le mari est au chômage. Il est loin le temps où l’on disait que la femme travaillait pour acheter du rouge à lèvre ». Chez Marelli, les femmes cégétistes condamnent la position des syndicats CFDT et CGC qui ont signé un accord avec la direction pour le travail de nuit, « considérant que cet accord s’appliquant à l’atelier injection a ensuite été généralisé à toute l’usine, sans aucune information et dans le dos des salariées ». Autre mobilisation des femmes contre la mise en place d'équipes de « suppléance » du samedi et dimanche. Exemple chez Marelli : « Ces équipes travailleraient le week-end, mais aussi les jours fériés, pour remplacer les salariés en congés ; tous les jours de l’année devraient donc être travaillés 24 h sur 24... correspondant à une suppression pure et simple des acquis sociaux obtenus depuis plus de cent ans ».
Observation d’une syndiquée CGT de Valéo : « Travail en équipe, travail de nuit, imposés aux femmes, génèrent de graves nuisances dans la vie de famille. Le taux de divorce est élevé, les échecs scolaires des enfants livrés à eux-mêmes également, la prise de calmants considérable ». Une conclusion à l’unisson des employées de Valéo et Magneti-Marelli : « Les femmes ne sont pas des robots. Il faut acheter de vrais robots pour assurer la charge de travail dans des conditions normales et obtenir une réduction payée du temps de travail. La modernisation doit servir les hommes et les femmes et non le coffre-fort des patrons ».
Hier, les femmes ont pris la parole.
Patrick Gonin
Photo : Les femmes de la CGT : « Pas de remise en cause des droits acquis »
le 30/03/2025 à 18:22
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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