1573211/03/1995CHATELLERAULT
C’est à la Maison du peuple et en présence de plusieurs militants dont Michel Diot, secrétaire de l’Union départementale CGT, que Jean-Raymond Wadier, responsable du comité local CGT d’action pour le droit au travail, a présenté les objectifs de la manifestation nationale des « Privés d’emploi ». Celle-ci aura lieu dans dix villes de France le 17 mars, à Bordeaux pour ce qui concerne les régions Poitou-Charentes, Limousin, Aquitaine.
Sous l’intitulé général « On veut compter sur nos dix droits », ont été mises en avant des demandes, revendications d’ordre général mais qui s’appliquent aussi au terrain châtelleraudais et recouvrent autant de grands chapitres. Une énumération qui touche des points particulièrement sensibles pour les chômeurs qui veulent montrer que se retrouver sans travail c’est, du jour au lendemain, être particulièrement démuni dans de nombreux domaines.
Ainsi est-il exigé un salaire de remplacement minima à 80 % du SMIC, soit 6.000 F bruts par mois au lieu de ce qui est considéré « comme une obole, de l’assistanat ». Santé ? C’est la volonté de disposer d’une « couverture sociale illimitée pour l’ensemble des prestations, un bilan de santé qui soit un droit pour chacun, un suivi par la médecine du travail. Cela d’autant que l’on remarque, y compris pour les personnes ayant un emploi mais ne disposant que d’un petit salaire, que les affiliations aux mutuelles deviennent de plus en plus rares ce qui prive de nombreuses familles de l’accès aux soins ».
On veut que la formation corresponde à une possibilité de travail par la suite, et qu’elle soit mieux rémunérée, que les AFPA redeviennent un vrai service public au lieu de n’être que des « pourvoyeurs de stages pour les patrons ».
Pour ce qui concerne les familles, c’est l'allocation dès le premier enfant, la revalorisation des versements, et des aides spécifiques pour les sans emploi et petits salaires : gratuité des crèches et cantines scolaires, exonération de la taxe d’habitation pour les revenus inférieurs au salaire minimum.
Pour le logement, la CGT « exige le maintien des personnes et l’arrêt des expulsions, la réquisition si besoin est ; la construction de logements sociaux et la création de lieux d’accueil décents pour les sans domicile fixe, comprenant aussi un véritable accompagnement social... ». Enfin, c’est aussi l’accès à la culture, aux vacances, aux transports, tout ce qui apparaît le complément indispensable à la vie, laquelle, pour prendre toute sa saveur ne peut se limiter à une somme d’argent certes nécessaire, mais qui ne recouvre qu’une part des besoins de l’individu.
Électricité et gaz pour tous
Présents aussi, deux représentants d’EDF-GDF qui ont, de leur côté, lancé une action afin qu’il n’y ait plus de coupures d’électricité et de gaz pour cause de pauvreté et de précarité. Et de souligner à ce propos : « Le droit à l’énergie est un droit vital, et il faut qu’EDF considère l’électricité comme un produit de première nécessité ». Parallèlement, est demandée une baisse de la TVA de 18,5 % à 5,5 % et la suppression des taxes locales, tout ce qui pèse d’un poids énorme sur les factures.
« L’État prélève onze milliards de francs par an, ce qui représente 10 % de la masse totale de ce qui est payé par les usagers. Nous voulons que cesse ce pillage et qu’au lieu de réinvestir cet argent, par exemple dans des opérations d’aménagement du territoire discutables, on réinvestisse dans le social, l’accueil, le social et l’emploi ». Sur ce dernier point, les délégués soulignent que « 9.000 postes ont été supprimés depuis 1985 tandis qu’EDF accumule les bénéfices, près de 4 milliards de francs l’an passé ». Cela alors que les coupures pour impayés se généralisent, comme à Poitiers où l’on en a dénombrées 450 pour le premier semestre 1994 contre 250, pour la même période, l’an passé.
Claude Aumon
le 30/03/2025 à 18:53
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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