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1573614/03/1995CIVAUX

LES SALARIÉS D’EGI-GTM BLOQUENT LA CENTRALE

Les quatre-vingts employés des entreprises ETI et GTM qui construisent les tours réfrigérantes de Civaux ont bloqué l’entrée de la centrale hier

“Parmi les salariés d’EGI-GTM en grève aujourd’hui, une partie travaillait, auparavant, pour le GIEC. En changeant d’employeur, alors qu'ils font le même travail, ils ont perdu de 1.500 F à 2.000 F par mois ! C’est inadmissible” déclarait, hier matin devant les grilles fermées de la centrale nucléaire de Civaux en construction, le délégué syndical CGT d’ETI-GTM, M. Daniel Rund.

Baisse de qualifications, primes insuffisantes, ce sont les raisons d’un mouvement de grève commencé jeudi dernier et que les quatre-vingts employés de cette société qui édifie les deux grandes tours réfrigérantes ont durci, lundi matin, en bloquant les portes d’accès nord et sud de la centrale. « Nous avons eu la visite des représentants de la direction tôt ce matin. Ils devaient entrer en contact avec la direction parisienne de l’entreprise et nous tenir au courant de la réponse faite à nos revendications dans la journée », précisaient les grévistes, réunis autour d’un feu de bois.

Des contrats précaires

« Depuis un an, les foyers de mécontentement ont été étouffés sur le site, mais actuellement, il devient difficile de continuer à repousser les discussions qui s'imposent. D’autant que les contrats sont presque tous à « durée de chantier », c’est-à-dire que l’angoisse du lendemain se fait chaque jour plus forte alors que le gros œuvre s’achève à Civaux », expliquait Jean-Luc Archimbault, secrétaire de l’Union locale CGT qui intervenait sur le thème de la dégradation des conditions travail, à 8 h 45 puis à 13 h 30, face à la foule des employés de la centrale massés devant les grilles closes.

« Toutes une série de promesses ont été non tenues aussi par EDF. Le programme de formation, par exemple, été amputé gravement en 1994 par manque de financement. Qu’en sera-t-il du programme de cette année ? Certains ouvriers ont été embauchés par EGI-GTM, il y a deux ans, avec promesse de requalification : ils n’ont rien vu venir, leur salaire n’a pas bougé... », poursuivait le représentant de la CGT, tandis que les gendarmes et un huissier faisaient les constats d’usage et que l’inspecteur du travail arrivait pour servir de médiateur.

Les grévistes rencontraient, dans la matinée, le chef d’Aménagement EDF, M. Jean-Pierre Viou et proposaient d’abandonner le blocus du site contre l’ouverture rapide de négociations. Finalement, après un long débat téléphonique avec M. Koening, responsable d’EGI, la CGT et le piquet de grève obtenaient que les différentes parties se retrouvent à 16 heures autour d’une table, au restaurant inter-entreprises, hors de l’enceinte de la centrale. Mais le blocus était maintenu dans l’attente du résultat des négociations qui portaient, concrètement, sur la revalorisation de quatre primes.

A 18 heures, c’était, cependant, le constat d’échec. Avant de discuter sur le fond, la direction d’EGI-GTM demandait la levée des piquets de grève. Un préalable que les salariés refusaient afin de conserver leur moyen de pression. La centrale restait donc bloquée la nuit dernière et elle le sera encore ce matin.

J-L Reymond

Photo : Quasi-unanimité pour la grève au sein de cette entreprise

 

 

le 31/03/2025 à 14:29

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

centrale, chantier, grève, blocage, précarité

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