1575018/03/1995MONTMORILLON
La direction de l’entreprise Escalux vient d’annoncer au comité d’entreprise le licenciement de huit salariés en raison d’une baisse de 12 % à 15 % du volume de production
Au cours d’une réunion du comité d’entreprise vendredi matin, la société Escalux de Montmorillon qui fabrique des escabeaux et des tables à re passer vient d’annoncer huit licenciements sur les soixante-dix-sept personnes qu’elle emploie. Cette mesure est destinée, selon la direction, à redresser la situation économique de l’entreprise qui vient de subir une baisse de 12 % à 15 % de son volume de production. Il y a quelques semaines, la grande majorité du personnel avait été placée au chômage technique pour une durée de cinq jours en raison d’une faiblesse du carnet de commandes.
L’Union locale CGT de Montmorillon dénonce ce qu’elle appelle « des erreurs de la direction qui sont toujours payées par les salariés ».
Ainsi, son délégué au sein du comité d'entreprise et une grande partie des employés ont observé une heure de débrayage vendredi matin.
La direction d'Escalux espère une certaine reprise de ses activités d’ici à la fin du premier semestre 1995.
L’Union locale CGT l’avait annoncé la semaine dernière. La direction d’Escalux répondait qu’aucune décision définitive n’était encore prise et qu’il fallait attendre vendredi. Hier, le couperet est tombé : huit des soixante-dix-sept salariés vont être licenciés.
« Nous subissons actuellement une baisse du volume de production de l’ordre de 12 % à 15 %, précise M. Didier Ginet, directeur d’Escalux. Nous nous sommes alors limités à huit licenciements dont deux départs volontaires. C’est désolant ; il est toujours très difficile de faire ce genre de choix. Un autre licenciement était prévu. Nous avons dû renoncer pour des raisons personnelles. En effet, cet employé se serait retrouvé dans une situation encore plus dramatique que les autres.
M. Ginet précise également avoir contacté la mairie de Montmorillon au sujet de ces licenciements : « J’ai dit à M. Charpentier que j’espérais une reprise à la fin du premier semestre de cette année grâce notamment à une nouvelle structure commerciale (Tedis) réalisée par Escalux et Tenecsa. Elle finira bien par porter ses fruits ». Interrogé sur le secteur des tables à repasser, M. Ginet reconnaît s’être déjà posé la question de la poursuite ou non de l’activité : « Les tables à repasser ont un seuil de rentabilité très bas. Mais il est très difficile de décider d’abandonner ce secteur compte tenu de notre situation actuelle. Il faut savoir aussi que nous sommes les derniers fabricants français de tables à repasser ».
Débrayage
L’Union locale CGT n’a pas tardé à réagir à l’annonce de ces licenciements. A l’issue de cette réunion du comité d’entreprise, le délégué CGT a rencontré l’ensemble du personnel qui, dans sa grande majorité, a observé un débrayage d’une heure hier matin : « La CGT s’insurge contre ces mesures et n’admet pas que ce soit les salariés qui paient des erreurs de la direction... Nous voudrions bien savoir également comment l’entreprise va amortir financièrement certains de ces licenciements puisque des employés concernés ont parfois vingt-sept ans d’ancienneté !
Comment va-t-on faire aussi pour assurer la production avec des effectifs réduits ?
La CGT soulève également le problème d’un stockage important d’escabeaux non finis : « Nous n’avons repris la finition de cette production que depuis jeudi soir. Aucune réponse ne nous a été rapportée par la direction… Ce que nous craignons tous ici, c’est le dépôt de bilan ». Quoi qu’il en soit, cette annonce de huit licenciements aggrave une nouvelle fois la situation de l’emploi dans le montmorillonais, après le triste épisode de la société Disco à la fin de l’année dernière.
William Richard
Photo : Escalux est spécialisé dans la fabrication d’escabeaux et de tables à repasser
le 31/03/2025 à 15:03
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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