1578001/04/1995MONTMORILLON
Des menaces pèsent sur la ligne Poitiers-Limoges. Aux Mardis de l’Information, le remplacement de trains par des cars a été refusé en bloc.
Depuis plusieurs semaines, on parle de l’avenir de la ligne SNCF Poitiers-Limoges. A la demande de la région Limousin, la SNCF a rendu une première copie dans laquelle elle préconise le remplacement de certains trains par des autocars. Cette annonce a provoqué un tollé général du côté des élus et des usagers. On se souvient de la manifestation de Bellac du 18 février qui avait rassemblé des centaines de personnes.
La conférence organisée dans le cadre des « Mardis de l’information » avait pour objectif de sensibiliser la population à ce problème. Environ soixante-dix Montmorillonais s’étaient déplacés pour écouter les explications avancées par MM. Noiret et Lestremaux de la SNCF, mais aussi membres du syndicat CGT à qui l’on doit cette réunion. Tour à tour, ils ont évoqué l’avenir de la ligne : « Mettre des cars à la place des trains, c’est en quelque sorte supprimer à terme les voies de chemin de fer ! ». Ils ont dressé ensuite un bilan peu reluisant de la situation de la SNCF avec « 70.000 emplois supprimés en douze ans et un déficit de huit milliards de francs en 1994 ».
« Que l’État prenne ses responsabilités » ont-ils lancé avant de souhaiter la réouverture de petites gares en précisant que la suppression de trains signifiait davantage de morts sur les routes
Présent dans l'assistance, M. Philippe Charpentier se prononça bien évidemment pour le maintien de la ligne en insistant sur le « détournement de clients » que représenterait un passage du train au car. M. Charpentier, également conseiller régional, a annoncé que les vingt-deux régions françaises avaient demandé un audit des comptes régionaux de la SNCF.
Mobilisation
M. Guillaume de Russé, conseiller général, prononçait un discours sensiblement identique sur le fond à celui du maire de Montmorillon en précisant qu’à son goût la SNCF s’était trop engagée financièrement dans le TGV, « délaissant ainsi les petites lignes ».
Pour sa part, M. Guy Robert, sénateur, en appelait à la mobilisation générale de tous après qu’un usager ait dénoncé certaines aberrations sur la ligne Poitiers-Limoges, notamment l’impossibilité de pratiquer l’aller et le retour Lathus-Poitiers dans la même journée.
Si cette réunion n’a pas permis d’avancer beaucoup dans le dossier, elle a montré une nouvelle fois l’attachement des usagers et des élus, toutes tendances confondues, au maintien de la ligne ferroviaire locale.
Photo : Mme Hospice, organisatrice et MM. Lestremeaux et Noiret de la SNCF, ont animé la réunion
le 05/04/2025 à 10:46
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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