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1726822/01/1999POITIERS

UNE BLONDE PROVOQUE LA ZIZANIE

A la SAFT Poitiers, pour une cigarette malvenue, une procédure de licenciement a été engagée à l’encontre d’un salarié. La mesure déclenche un débrayage qui n’a pas fait un tabac.

Pour une cigarette fumée dans un endroit interdit, un magasinier de la SAFT de Poitiers risque de se retrouver au chômage. La dépendance de l’herbe à Nicot aurait cette fois des conséquences sociales tragiques sur un homme de 44 ans qui ne pouvait imaginer que se rouler une petite cigarette risquait de déboucher sur un avenir à se rouler les pouces.

Côté syndicats, on estime cette décision complètement disproportionnée par rapport à la faute commise. D’où la décision de lancer un mot d’ordre de débrayage afin de protester contre la sévérité de la sanction. Jeudi donc, à l’appel des quatre syndicats (CGT, CFDT, FO, CGC), une partie du personnel a cessé le travail pour témoigner de sa solidarité à l’égard du fumeur et, du même coup, dénoncer une politique que le syndicat estime de plus en plus dure vis-à-vis des salariés. Pour Didier Marigny, secrétaire du comité central d’entreprise et responsable CGT, la situation sociale se dégrade de façon alarmante : « Avant, un salarié en faute était averti oralement de son erreur, puis par écrit. Il subissait ensuite une mise à pied et, seulement après, un licenciement.

Aujourd’hui, on brûle les étapes. Un avertissement verbal et hop, on licencie ! On a vraiment l’impression que l’objectif de la direction est de décourager le personnel en favorisant les départs non remplacés. Question effectif, le bilan 1998, c’est 9 départs en retraite, 9 départs en ARPE, 11 mutations, 11 fin de CDD et contrats d’apprentissage, 1 décès et 24 licenciements. Et j’estime que pour 1999, ça commence mal. Outre ce premier cas de licenciement sévère, nous estimons que 45 personnes sont actuellement sur sièges éjectables ».

De 6 % à 10 % de grévistes

Pour le débrayage d’hier, c’est, selon le délégué CGT, plus de 70 personnes qui se sont rassemblées dans le hall d’entrée, jeudi entre 9 h 15 et 10 h 15, afin de manifester leur solidarité au fumeur puni.

Pour le directeur, M. Billaud, la procédure engagée est logique : « Nous avions déjà formulé un avertissement oral à l’intéressé en septembre dernier. Il n’en n’a pas tenu compte puisqu’il a recommencé à fumer dans un environnement sensible et à haut risque, en l’occurrence, le magasin lithium. Il s’agit d’un manquement très grave à la sécurité qui devait être sanctionné.

M. Billaud estime que le débrayage n’a pas fait un tabac. Il ne compte de son côté que 38 personnes ayant fait hier la grève d’une heure. Soit 6 % du personnel. Un personnel dont l’effectif, toujours selon le directeur, est stable, depuis plusieurs années. Autour de 600 personnes dit-il. En ajoutant que 25 personnes ont été embauchées l’an dernier.

Pour les uns, la SAFT est donc une entreprise qui se porte bien. Pour les autres, ça va clopin-clopant. Enfin, façon de parler.

Jacques Furlan

 

 

le 02/11/2025 à 16:58

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

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