1729604/03/1999CIVAUX
Les agents de surveillance de la société Proteg se sont mis en grève à Civaux, mardi matin. A l’origine du conflit les bas salaires et le manque de dialogue avec leur direction.
Une cinquantaine d’employés sur les quatre-vingts que compte la société Proteg, à Civaux, sont en grève depuis mardi matin soutenus par la CFDT et la CGT. Les discussions que leurs représentants avaient eues, lundi, à Tours, avec leur direction ayant été « totalement décevantes », les agents chargés de la surveillance interne de la centrale nucléaire ont installé des piquets de grève aux deux entrées du site. Là, ils laissent passer piétons et cyclistes, mais barrent la voie aux véhicules.
« Notre problème est double : bas-salaires et conditions de travail difficiles, puisque nous devons assurer le gardiennage non-stop, nuit et weekend compris. On travaille en 3 x 8, sans aucune majoration de salaire pour le travail de nuit ou du dimanche. Seuls les jours fériés sont mieux payés. Or, nos salaires sont au minimum légal, alors même que nous avons dû suivre des formations supplémentaires qualifiantes pour travailler en site nucléaire. Nous avons voté le principe d'une grève, le 11 février dernier, avec préavis bien que la loi ne nous y contraigne pas puisque nous sommes des salariés du secteur privé. La direction n’a pas daigné mettre à profit ces quatre semaines pour négocier », a précisé, mardi, le délégué CGT de Proteg-Civaux.
La sous-traitance en cause
Les employés de Proteg, dont l’entreprise vient d’être rachetée par le numéro 1 européen de la surveillance, le Suédois Protectas, réclament donc d’abord de meilleurs salaires : augmentation du taux horaire, mensualisation à cent soixante-neuf heures de tout le personnel, majoration des heures de nuit de 25 % et du dimanche de 70 %, treizième mois pour tous, augmentation des primes de panier, de chiens et d’entretien des tenues.
Ils veulent aussi que les effectifs soient renforcés et pas par des gens en contrats à durée déterminée (une quinzaine actuellement). Ils profitent de leur mouvement pour dénoncer « l’hypocrisie d’EDF. Les patrons de la centrale se vantent de mettre en œuvre un modèle social développé et humain alors qu’ils font appel systématiquement à la sous-traitance. Et, dans les entreprises sous-traitantes, les conditions de vie, de travail et de rémunération sont loin d’être dignes ».
Les grévistes, dont certains ont été réquisitionnés, assurent vouloir tenir dans leur mouvement, quitte à le durcir si leur direction n’engage pas de « vraies négociations »,
Hier, ils ont de nouveau bloqué les entrées de la centrale, de 7 heures à 9 heures, et leurs représentants ont rencontré la direction de l’entreprise, à 10 h 30, à la mairie de Civaux, sans résultat. Une nouvelle entrevue devait avoir lieu à Tours, à 17 heures
La direction de Proteg estime, elle, que » les demandes portent sur des points qui sont du ressort de la convention collective, donc qui devraient être examinées au seul niveau de la branche professionnelle. Une réponse positive isolée aux revendications conduirait l’entreprise à supporter, seule, un surcoût salarial d’environ 40 %, ce qui n’est pas envisageable. D’autant que la profession discute, en ce moment, de la réduction de travail à trente cinq heures avec maintien des salaires.
Jean-Luc Reymond
Photo : Le piquet de grève à l’entrée nord de la centrale, prêt à tenir plusieurs jours
le 03/11/2025 à 19:49
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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