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1734316/04/1999POITIERS

LES RETRAITÉS DÉFENDENT LEURS ACQUIS

Une petite centaine de personnes ont participé hier, à Poitiers, à la première journée européenne des retraités. Sur fond de rapport Charpin.

Hasard du calendrier. Deux jours seulement après la publication du rapport Charpin, une petite centaine de personnes se sont regroupées hier devant la préfecture de Poitiers à l’occasion de la première journée européenne des retraités. A l’appel des organisations CGT, CFDT, FO, FSU et FGR, ces manifestants venus de tout le département ont défendu, banderoles à l’appui, les thèmes qui leur sont chers, à savoir l’augmentation du pouvoir d’achat, droit à la santé pour tous, l’instauration d’une prestation autonomie équitable basée sur le régime général de la sécurité sociale, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion...

Cet après-midi placé sous le signe de l’action fut aussi l’occasion de commenter les propositions du commissaire général. Dans le document qui doit parvenir vers la fin mois sur le bureau du Premier ministre, Jean-Michel Charpin propose en effet d’allonger progressivement à 42 ans et demi la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite entière avant 65 ans. Dans la foulée, le MEDEF (patronat) a poussé le bouchon encore plus loin en plaidant pour un allongement jusqu’à 45 ans, la création d’un fonds de pension et l’alignement des retraites des fonctionnaires sur celles du privé.

 

Dire que ces propositions n’ont fait plaisir ni aux syndicats, ni aux retraités, est un euphémisme. Jeudi, les différentes organisations n’ont d’ailleurs pas manque de fustiger cette « provocation ». « Ce rapport pèse sur l’avenir des retraités et des actifs. Nous devons tous nous mobiliser pour sauvegarder nos acquis. Des manifestations d’une plus grande ampleur sont à prévoir explique un syndicaliste. En attendant, une délégation de six personnes a été reçue hier à la préfecture pour exposer ses doléances.

Solange Bouchet - Poitiers
« Je ne me considère pas comme une retraitée maltraitée. Je suis surtout là pour la jeune génération car lorsqu’on lit le rapport Charpin, on trouve de nombreuses raisons d’avoir peur. Les fonds de pension vers lesquels nos gouvernants veulent aller ne peuvent que nous inquiéter. Pour moi, la solution passe par la réduction du chômage et donc par une baisse significative du temps de travail. Il faut aussi taxer davantage les échanges boursiers ».

Anne-Marie Métais - Fontaine-le-Comte
« J’en ai marre d’entendre dire que les retraités sont des nantis. Ce n’est vraiment pas le cas. La preuve, c’est que notre pouvoir d’achat a diminué ces dernières années.
« Ce que je trouve injuste dans le système actuel, c’est que la prestation spécifique dépendance soient gérée par les conseils généraux. Du coup, aujourd’hui, on voit tout et n’importe quoi. La PSD doit absolument être prise en charge par la Sécurité sociale.

Jean Gabillas - Châtellerault
« Nous voulons défendre les retraites, toutes les retraites qu’elles soient du public ou du privé. La menace est présente. Selon le rapport Charpin, il faut cotiser 42 ans et demi. Le MEDEF parle même de 45 ans. Où vont-ils s’arrêter ?
« On est également là pour nous opposer aux fonds de pension qui consistent à donner du pognon au patronat pour lui permettre de faire ce qu’il veut. On a vu ce que ça donnait aux États-Unis. Il y a donc danger ».

Sylvette Rougier - Poitiers
« Je défends nos acquis en tant que future retraitée. Le rapport Charpin est une menace car il induit une augmentation des cotisations et une baisse des versements.
« Je suis inquiète pour l’avenir. Quand je vois qu’on nous demande de travailler jusqu’à je ne sais pas quel âge, j’ai peur que les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent jamais la retraite. Je suis contre les fonds de pension qui ne sont rien d’autre qu’une capitalisation des retraites ».

Robert Rebeyrotte - Availles-Limouzine
« Je comprends que les retraités soient assujettis aux mêmes prélèvements que les actifs. C’est à peu près normal. Malheureusement, la mise en place des nouvelles retenues nous a touchés de plein fouet. J’ai pris ma retraite en 1990. Près de dix ans plus tard, la CSG et l’augmentation de la part Sécurité sociale viennent juste d’être compensées par les augmentations de salaires. Aujourd’hui, je gagne donc toujours la même chose que lorsque le suis parti ».

Photo : Les retraités sont venus exposer leurs doléances à la préfecture

 

 

le 11/11/2025 à 13:48

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

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