1745103/09/1999CHATELLERAULT
La CGT vient d’effectuer sa rentrée en donnant un coup de barre à gauche. Au programme : les 35 heures, la solidarité des travailleurs.
A chacun sa rentrée. Après celle du primaire, mercredi matin, l’Union locale CGT de Châtellerault a effectué la sienne, rue Cognet, regroupant bon nombre de délégués syndicaux des entreprises châtelleraudaises. Le secrétaire général de l’UL, Jean-Raymond Wadier, a donné le coup de barre à gauche. Et le sujet à méditer : les 35 heures. Cette loi marquera incontestablement l’année à venir. D’autant plus qu’elle ne fait pas l’unanimité chez les patrons, mais aussi dans les rangs des cégétistes dont certains préfèrent « rester à 39 heures » eu égard aux conditions de travail et financières proposées par les chefs d’entreprise dans le cadre de la nouvelle loi.
Les accords restent difficiles dans le département. Bilan annoncé par la CGT : « 138 accords qui représentent 5.065 salariés (sur les 180.000 concernés) ont été signés ». Des entreprises dont les effectifs « ne dépassent pas les cent salariés », précise Jean-Raymond Wadier. Les grandes entreprises boudent ou refusent carrément de se mettre à la table des négociations.
Dans le Châtelleraudais, la CGT a signé 46 accords. Au premier rang desquels Batisol, Euro Slot à Scorbé, l’école du cirque... Parmi les grandes sociétés signataires, l’exception s’appelle Fenwick Linde à Cenon. Mais la route reste longue pour mettre tout le monde sur le même cadran horaire.
Dépôt de bilan et rachat d’entreprise
L’Union locale CGT de Châtellerault a aussi placé, dans le cadre de sa rentrée, un grand coup d’aiguillon au gouvernement car « la situation est aussi grave que l’an dernier », estime Jean-Claude Turquand, secrétaire aux luttes et aux actions revendicatives. La baisse du chômage ne se fait pas ressentir dans ce bassin d’emploi. Loin s’en faut. Les nouvelles sont mauvaises d’où qu'elles viennent : « L’hôtel Amaris a déposé son bilan avec dix personnes, la société FMPC (recyclage métaux, papiers, cartons, batteries…) a été rachetée par CFS de Gennevilliers avec les conséquences que cela entraîne », argumente Michel Juteau, secrétaire, chargé de la communication.
Un constat sévère amène les syndicalistes de l’UL Châtelleraudais à durcir le ton : « La baisse de la TVA est injuste et ne concerne pas les ouvriers en situation précaire qui ne pourront pas acheter de maison et donc faire des travaux. Nous exigeons une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité. Nous ne pouvons que critiquer le gouvernement d’autant plus qu’il recule sur le patronat. Le capitalisme reste toujours florissant avec les fusions de grandes entreprises nationales qui ne profitent qu’aux riches actionnaires ». Il faut se serrer les coudes : « Nous sommes solidaires de Michel Beurier, secrétaire de l’Union départementale du Puy-de-Dôme, qui a été condamné pour avoir aidé un sans-papier à s’enfuir du tribunal. Il a fait appel, l’affaire passera le 15 septembre à Riom où nous serons pour défendre les libertés dans l’entreprise ».
Solidarité encore. La CGT va soutenir « le camarade paysan qui a pris pour cible McDo pour défendre son travail et une profession ». Et de conclure : « A chacun de choisir ses causes et ceux qui les défendent ».
Samedi, à la foire-exposition, la CGT a choisi, elle distribuera des tracts sur les 35 heures notamment.
Didier Monteil
Photo : La CGT revendique un SMIC à 8.500 francs brut
le 24/11/2025 à 14:31
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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