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1746118/09/1999CHATELLERAULT

EGS : CONFLIT DEVANT LES PRUD’HOMMES

Douze salariés d’EGS, à Châtellerault, sont allés, hier matin, devant les prud’hommes pour réclamer leurs salaires : 55.000 F

Mercredi, à 9 h 30, devant le conseil des prud’hommes, douze salariés d’EGS accompagnés, notamment, du secrétaire général de l’UL-CGT, Jean-Raymond Wadier, affichent leur détermination en effectuant une demande en référé. Un énième épisode d’une aventure industrielle qui prend au fil des mois des allures de Bérézina. « Depuis trois ans, si nous avons travaillé six mois consécutifs, c’est le bout du monde. De mars à mai, nous avons démonté ce que nous avons monté. Depuis juin jusqu’aujourd’hui, nous jouons aux cartes », rapporte une ouvrière de la production.

Aujourd'hui, la coupe déborde. Si le travail n’arrive plus, les salaires non plus. Et là, on ne rigole pas du côté du personnel. 55.000 F d’impayés, c’est important pour des personnes qui touchent le SMIC. Le conseil des prud’hommes l’a compris : « La formation de référé fait droit aux demandes des salariés sans délai supplémentaire », a décidé le juge.

A l’audience, Thierry Kirszenberg, directeur administratif et financier d’EGS, fraîchement embauché (en juin dernier), déclare être « sur le point de reconstituer un tour de table pour sauver EGS. Avant la fin de semaine prochaine, nous serons en mesure de les régler ».

De toute évidence, il y a urgence. Tous les salariés ne sont pas venus déposer un dossier en référé « par crainte de représailles », argumente une représentante des salariés d’EGS.

Une seconde augmentation de capital ?

La situation est grave. EGS se trouve « en situation de cessation de paiement. Vous devez déposer le bilan », rappelle Me Ragot, défendant les intérêts de deux salariés. Thierry Kirszenberg espère, cependant, ne pas en arriver là avec « une augmentation du capital de 10 MF ». Ce sera la seconde si le tour de table se fait, la première (de 22 MF), en juin 1998, n’a pas été suffisante.

Les signes de reprise d’activités pour EGS restent faibles, mais pas nuls : « Nous sentons que nous dérangeons, le leader du marché attend, alors que nos produits ont été référencés par des grandes marques », explique Thierry Kirszenberg, ajoutant au passage que l’investissement total pour cette société se chiffre à 60 MF. Intéressant pour les concurrents. Même si les collectivités se désengagent en refusant de verser les subventions.

Les salariés, eux, sont prêts « à se battre pour l’entreprise, mais pas pour Christian Gauthier. Nous ne voulons plus le voir », lancent-elles. Réponse dans quelques semaines.

Didier Monteil

Photo : Vendredi matin, devant les prud’hommes, les salariés soutenus par la CGT

 

 

le 24/11/2025 à 15:43

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

prud'hommes, salaire

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