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1747624/09/1999CHATELLERAULT

EGS : DÉBRAYAGE ET… ÉPICERIE SOCIALE !

A Châtellerault, les salariés d’EGS, qui ont cessé le travail jeudi pendant une heure, attendent toujours leur salaire du mois d’août. Certains sont au bord du gouffre !

Je vis seule avec mon bébé de 23 mois. Je touche 981 F d’allocation pour l’enfant, 500 F de pension alimentaire. Depuis début août, je n’ai plus que ça pour vivre. J’ai droit une fois par semaine à l’épicerie sociale, où je n’ai même pas le minimum pour nous deux... ». Mme N. (*) est au bout du rouleau. Comme trois autres de ses collègues féminines, elle n’a plus de ressources depuis quelques semaines. Embauchée en 1997, Mme N. avait cru sortir la tête de l’eau. Mais l’espoir fut de courte durée : « Cela fait des mois qu’on nous mène en bateau. Aujourd’hui, on ne sait même pas si on touchera nos salaires de septembre ».

Entre abattement, inquiétude et colère, les salariés du secteur production d’EGS avaient répondu hier matin, dès 10 heures, à l’appel de la CGT pour un débrayage d’une heure et un rassemblement devant les grilles de l’entreprise. Ainsi, les douze employées de la production qui s’étaient rendues la semaine passée devant les prud'hommes pour réclamer leurs salaires, étaient-elles en première ligne : « Il y a une semaine, les prud’hommes avaient demandé le versement des salaires, et nous n’avons toujours rien vu venir... » notaient les salariées dont la peine est partagée.

Christian Gauthier : “Je suis inquiet !”

En effet, outre les employées du secteur production, les administratifs d’EGS ont également cessé le travail pendant une heure. Une action à placer hors du cadre syndical, comme l’expliquait l’un des salariés : « Nous ne sommes apparentés à aucun syndicat, mais nous nous associons à ce débrayage par esprit de solidarité. Il s’agit également d’interpeller les actionnaires, les collectivités publiques, et les banques sur notre situation actuelle.

L’inquiétude est générale donc, d’autant que Christian Gauthier lui-même ne cache pas ses soucis : « Nous sommes effectivement dans une passe très difficile, et je ne cache pas mon inquiétude » note le P-DG d’EGS, présent à Châtellerault hier : « Nous avions décidé, en conseil d’administration le 6 août dernier, d’effectuer une augmentation de capital de 10 millions de francs, qui était assortie du paiement des aides publiques et de plusieurs actionnaires. Or, le 10 septembre dernier, nous avons appris que les pouvoirs publics nous refusaient le paiement des 3,7 millions de francs d’aide, suite à quoi plusieurs actionnaires se sont désengagés. En une journée, nous avons perdu plus de 5 millions de francs ». A la question de savoir si les salaires d’août (et ceux de septembre) pourront être payés, C. Gauthier ne s’avance pas : « Nous avons trois pistes pour y parvenir : les banques, les encours clients et les crédits de TVA. Nous y travaillons, alors laissez nous y travailler… Ce n’est plus la peine de tirer sur l’ambulance ! ».

A ces propos, on comprend que le temps, voire les jours sont comptés, si Christian Gauthier ne veut pas voir son entreprise (dans laquelle il affirme croire plus que jamais) se retrouver en situation de cessation de paiement. Pendant ce temps, plusieurs salariées sont aujourd’hui dans une situation qui relève de la loi contre l’exclusion. Il y a à peine trois ans, l’unanimité se faisait autour du « projet éminemment humain de l’entreprise EGS.

Jean-Philippe Bois

• (*) Cette salariée d’EGS nous a demandé de conserver l’anonymat.

 

 

le 24/11/2025 à 16:57

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

grève, salaire, emploi, patron

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