1750122/10/1999POITIERS
La décision de 247 suppressions d’emplois a cueilli à froid les salariés. Ils débrayaient jeudi pour montrer leur inquiétude face à ce plan social “pour motif de bonne santé économique”
Compression, fusion, abandon. Les trois banderoles viennent d’être accrochées par les employés et ornent la façade du siège de CFA, la Compagnie française d'ascenseurs, au Grand-Large à Saint-Benoît. C’était jeudi entre midi et deux.
Ce sont eux qui ont appris, samedi dernier, par « La Nouvelle République », le projet de suppression de 247 postes sur les 580 que comprend CFA Groupe dans une trentaine d’agences. « On marche plutôt bien et on apprend qu’il va y avoir tous ces licenciements. Ça a été le coup de bambou.
Pour nous, il est là le bogue de l’an 2000 ! ». Une décision qui fait bondir, car CFA n’a nullement la réputation d’être au bord du trou. Mais les employés remarquaient jeudi que le couperet était tombé aux États-Unis puisque CFA fait partie d’Otis depuis une vingtaine d’années, quand les ascenseurs Camus ont été repris, avant qu’on ne passe à CFA en 1987.
On rappelle qu’au 1er janvier dernier, la société CFA Groupe a repris les activités des Ascenseurs Sangalli à Grenoble, Schnunt Elevator à Paris et CFA Ouest à Poitiers, avec ce nouveau siège au Grand-Large. Et les employés de citer hier les propos de la direction, il y a quelques mois, comme quoi il n’y avait pas d’inquiétude à avoir quant à la fusion. « Quel formidable atout pour l’entreprise qui pourra bénéficier, par exemple, d’une centrale d’achats, des fichiers communs….
Les comités d’entreprise, explique-t-on aussi côté salariés, « ont fait confiance et n’ont émis aucune objection… Aujourd’hui, le fruit est mûr, Otis n’a plus qu’à le cueillir… Otis n’a plus qu’à présenter son plan de suppression de postes, prétexté par l’intégration de CFA... ».
Par dessus tout, les salariés se demandent quel sera le motif des licenciements, « alors que les profits sont considérables ». De fait, les derniers chiffres déposés par CFA sont assez éloquents, avec un chiffre d’affaires de 181 millions de francs et un résultat net de 5,15 MF. D’où les réflexions hier midi : « On a été trop bon, CFA marche trop bien ! ».
Reste maintenant à attendre le comité central d’entreprise de CFA Groupe. Il a lieu le 27 octobre et c’est là que devrait enfin filtrer l’information.
L Bertagnolio
Photo : Débrayage jeudi entre midi et deux au siège de CFA
le 03/12/2025 à 11:30
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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