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1753317/11/1999POITIERS

LES CHÔMEURS VEULENT FÊTER NOËL

A l’appel de la CGT, une cinquantaine de chômeurs et travailleurs solidaires ont manifesté mardi devant les ASSEDIC pour demander une hausse des indemnités de chômage.

Quand on demande aux gens de mentionner leur budget loisirs ou santé, ils n’indiquent rien, s’insurge Géraldine Moreau porte-parole des chômeurs la CGT. Comme cela s’était fait en 1997, à l’approche des fêtes de fin d’année, les chômeurs demandent une revalorisation des indemnités. « Nous demandons des revenus décents qui permettent aux chômeurs de chercher du travail » s’indigne Thierry Benaïssa, membre du bureau de l’Union locale CGT. Et d’insister : « Avec des revenus faibles, on alimente la précarité. Plus le niveau d’indemnisation est bas, plus la période de chômage augmente ». Mardi, devant les ASSEDIC de Saint-Benoît, une cinquantaine de manifestants s’étaient massés. L’institution y avait posté deux vigiles, craignant une occupation de ses locaux.

A l’approche des fêtes, les chômeurs parlent ouvertement de situation de vie souvent difficiles. « On nous annonce déjà des coupures de courant, des expulsions au 15 mars ». Ils demandent une aide de 3.000 F pour décembre, « car chacun a le droit de fêter Noël en famille et le nouvel an 2000 ». La mise en place des 35 heures crée des espoirs, mais le quotidien est souvent sombre. « Moi, je me suis fait couper le téléphone ». Les délégués syndicaux ont demandé aux chômeurs présents de dresser un budget « des nécessités de vie » et des ressources. Les écarts varient de plus de 4.000 F. Les délégués CGT revendiquent pour une indemnité minimale équivalente à 80 % du SMIC et l’exonération de la taxe d’habitation pour les revenus les plus modestes.

Des négligences désastreuses

Certaines situations engendrent des conséquences graves. C’est le cas de Jean-Marc. En avril dernier, il achève un contrat à durée déterminée d’un an. Son employeur ne lui transmet pas une attestation pour les ASSEDIC sur la durée totale de son contrat. Le dossier d’indemnité se retrouve en suspens. Il faut recourir aux prud’hommes. « Depuis avril, je n’ai plus de revenu ». La non fourniture de ce papier jaune est une négligence de la part de l’ancien employeur. « Une chose fréquente » explique Sylvie Martin, avocate. Un laisser aller lourd de conséquences : menaces de saisies par huissier, incapacité à rembourser des emprunts, ajouts d’agios, paiement des factures… Pour l’avocate, « n’importe quelle condamnation aux prud'hommes d’un ancien employeur n’efface pas les préjudices subis par le licencié ».

Photo : Géraldine Moreau a porté la cause des chômeurs devant les ASSEDIC

 

 

le 03/12/2025 à 17:45

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

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