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1754627/11/1999CHATELLERAULT

EGS : UN ÉNORME SENTIMENT DE GÂCHIS

La mise en liquidation judiciaire de l’entreprise a créé une onde de choc à Châtellerault. Tout le monde est d’accord sur un point : il y avait beaucoup à faire

C’est écœurant. Mon mari n’est plus payé depuis des semaines, et quand je vois toute la publicité faite autour de cette société et ses projets, pour en arriver là… C’est dramatique. Cette femme est l’épouse de l’un des ouvriers d’EGS. Elle a pris l’annonce de la mise en liquidation de l’entreprise comme une gifle, à l’image de tous ceux, et Dieu sait si ils étaient nombreux, qui voyaient, en 1996, EGS promis au plus bel avenir. A commencer par les élus de tous bords, qui ont alors aidé à la création de l’entreprise et à son installation sur la zone nord. Aujourd’hui, Joël Tondusson, maire de Châtellerault souligne : « Le projet est novateur, pertinent, porteur d’avenir, et je m’interroge sur les raisons d’un tel échec. Mais il appartient aux politiques que nous sommes de savoir prendre nos responsabilités, comme nous l’avons fait pour EGS, pour faire progresser le développement de notre ville. Je souhaite qu’un nouveau repreneur s’intéresse dans les meilleurs délais à ce procédé ». Regrets aussi pour le député et vice-président du conseil général, Jean-Pierre Abelin qui remarque que « EGS paye sans doute le prix d’une stratégie trop ambitieuse, l’incapacité à s’assurer la fiabilité de sa production, une structure financière trop réduite, et la perte de confiance de partenaires liée au non respect d’engagements successifs ».

Franck Savard : “J’ai des projets !”

Cette mise en liquidation n’est bien évidemment pas passée inaperçue à l’Union locale CGT qui avait à plusieurs reprises défendu les salariés, notamment devant le conseil de Prud’hommes. Le syndicat note « qu’une fois encore, ce sont les salariés qui font les frais de la mauvaise gestion de l’entreprise ».

Absent hier de Châtellerault, Franck Savard, l’un des deux concepteurs du projet avec Denis Lahache, et dont le désaccord avec Christian Gauthier n’a fait que s’accentuer au fil des mois, s’est avéré particulièrement dépité : « C’est une mauvaise aventure, une énorme déception sur le plan humain, car il y avait effectivement des choses à faire avec ce projet ».

Les uns et les autres s’accordent effectivement sur un point : l’entreprise est certainement morte d’avoir voulu trop en faire tout de suite, mais le projet est certainement viable, et l’hypothèse d’une reprise n’est pas à exclure. Dès hier, le nom de Franck Savard circulait : « C’est vrai, j’ai des projets. Mais tout dépend de la manière dont sera effectuée la liquidation (NDLR : c’est Maître Capelle qui a été nommé liquidateur), soit en totalité, soit par tranche. On y verra certainement plus clair dans quelques semaines ». Il se pourrait fort bien effectivement que dans les semaines qui viennent, des offres de rachat se manifestent. Et qu’alors on reparle du synchroshift...

Jean-Philippe Bois

Photo : Les salariés ont écouté dans le plus grand silence la décision du tribunal de commerce

 

 

le 03/12/2025 à 19:45

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

métallurgie, justice, liquidation

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