1756111/12/1999POITIERS
Les banques tentent de profiter de la mise en place de la réduction du temps de travail pour modifier la convention collective. Les salariés ne l’entendent pas de cette oreille.
Le 15 décembre, le premier accord sur les 35 heures signé dans les banques entre le patronat et un syndicat (qui depuis s’est rétracté) passe en jugement pour inconformité à Paris. L’intersyndicale bancaire, FO, CFDT, CFTC, CGT, SNB et CGC se mobilise le même jour pour que s’engagent « de réelles négociations ».
En Poitou, le personnel des établissements affiliés à l’Association française des banques (Crédit Lyonnais, CIO, Banque Populaire, Crédit Commercial de France, Crédit du Nord, Caixa Bank, banque Hervet, BNP, Société Générale) sera ainsi en grève ce mercredi, comme il l’a été le 30 novembre dernier.
Les syndicats font remarquer que les banques de la place affichent toutes, cette année, des résultats des plus encourageants. Sur ses neufs premiers mois, la Société Générale porte même à la connaissance de ses clients une progression de son bénéfice de 120 %, soit plus de 10,5 milliards de francs ! Mais dans le même temps, en interne, ça coince sur les avancées salariales.
Une convention qui hérisse
En janvier 1998, le patronat bancaire, en prévision de la réduction du temps de travail, dénonçait la convention collective qui datait de 1952. Il propose aujourd’hui un texte entièrement neuf, que les syndicats n’apprécient guère. « La convention collective, on pouvait en faire un toilettage sans la raser », estime Jack Delage, délégué CFDT. Même son du côté de FO et de son délégué, Maurice Renaud. « La convention collective n’a pas été un handicap pour le progrès des banques. Or, ce que nous propose le patronat, c’est de pouvoir effectuer des licenciements hors faute professionnelle et hors discipline. La peur, c’est de voir s’appliquer des licenciements abusifs. Lorsqu’ils auront besoin de tailler dans le vif, ils dégageront les gens les plus âgés. On risque de voir trois départs pour une embauche ».
En même temps que ce débat, les salariés du secteur bancaire se plaignent de subir, depuis trois ans, un gel des salaires. « Nous ne sommes pas des nécessiteux, mais nous sommes loin d’être des nantis », déclare le délégué FO « on veut bien faire des efforts, mais nous voulons aussi récupérer des bénéfices ».
le 08/12/2025 à 16:29
Source : La Nouvelle République du Centre Ouest
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