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1759618/01/2000POITIERS

LES TRAVAILLEURS SOCIAUX DANS LA RUE

Manifestation hier, devant le conseil général, des travailleurs sociaux départementaux. Au centre des revendications, de meilleures conditions de travail

Une cinquantaine de salariés du secteur social départemental manifestaient hier matin aux portes du conseil général. Répondant à l’appel de la CFDT, ils ont profité de la séance d’ouverture du conseil général pour faire entendre leurs voix. Objectif de la manifestation, demander une amélioration des conditions de travail en créant des postes supplémentaires. Jeanne Baillergeau, éducatrice spécialisée et représentante de la CFDT résume le conflit : « Si l’on s’en tient aux statistiques de population livrées par l’INSEE, et que nous regardons ce qui se passe dans les autres départements, il nous manque dix-huit postes d’assistantes sociales, quatre postes de puéricultrices, sept postes de psychologues et deux à trois postes de conseillères économiques et sociales.

Ces revendications ne sont pas nouvelles, déjà en juillet et en octobre, la CFDT avait organisé des journées d’action. Résultat, des promesses jugées insuffisantes et qui, de toute façon, n’ont pas encore été concrétisées.

Cinq syndicalistes reçus au conseil général

En fin de matinée, une délégation de cinq syndicalistes a été reçue pendant une heure et demie par Ghislain Delaroche, vice-président du conseil général en charge de l’action sociale et Olivier Cazenave, directeur des services départementaux. Entrevue décevante pour les travailleurs sociaux. « Sur l’avenir et le manque de moyen annoncé, on n’a rien de nouveau » se lamente Jeanne Baillergeau. « Le conseil général va étudier la possibilité de créer des postes de puéricultrices, de sages-femmes et de médecins, mais sans aucune certitude. Pour tous les autres postes, ils veulent d’abord réorganiser les services sociaux et ensuite faire le bilan. Nous aurions préféré que la réflexion se passe en amont. Ils vont aussi réfléchir à la création d’une commission d’enquête pour évaluer les besoins en termes d’assistantes sociales ». Les syndicalistes font grise mine et s’avouent très déçus.

G. Delaroche : “Priorité à la PMI”

Ghislain Delaroche, lui, campe sur ses positions et ne comprend pas les revendications. « La réorganisation des services sociaux a été engagée il y a deux ans au niveau des circonscriptions, et ce en concertation avec le personnel. Initialement, il était prévu que cette réorganisation se déroule à moyens constants tout le monde avait accepté cette situation. Actuellement, nous avons déjà dans ces services onze temps pleins supplémentaires et on nous dit aujourd’hui que ce n’est pas assez. Je ne suis pas opposé par principe à la création de postes, mais l’urgence me semble plutôt se situer au niveau de la PMI (Protection maternelle infantile). Actuellement, nous ne sommes même pas en mesure d’assurer nos obligations légales, en particulier le bilan de trois ans. Il y a là une vraie carence et nos efforts vont porter en priorité sur ce problème. De plus, la politique sociale ne se limite pas aux effectifs. Nous faisons un gros effort sur les locaux. Un budget de 13 à 14 millions de francs va permettre de fournir aux services sociaux des locaux adaptés, et ce d’ici la fin de l’année pour Poitiers, Fontaine-le-Comte et Migné.

Le dialogue reste difficile entre les salariés du secteur social et leur employeur, le département. Mais personne ne se satisfait de cette situation et une série de réunions devraient être programmées pour renouer les liens.

P-H COSTE

Mécontentement général

Pendant que les travailleurs sociaux du département manifestaient face au conseil général leurs homologues CFDT de l’IDAMS (Institut départemental d’actions médico-sociales) cessaient le travail pour faire entendre leurs voix. Réunis en assemblée générale et reçus par leur direction, les travailleurs sociaux ont réitéré leurs revendications. Ils jugent en particulier écrasant le nombre de dossiers par éducateur et demandent une augmentation du budget de déplacement du service des actions d’éducations en milieu ouvert. Ils réclament par ailleurs le recrutement d’un psychologue dont le « demi poste » est déjà budgetisé.

La vocation de l’IDAMS est de s’occuper de l’enfance en difficulté, et en particulier des enfants placés par la justice.

Photo : Une cinquantaine de salariés du secteur social départemental ont manifesté aux portes du conseil général

 

 

le 08/12/2025 à 19:29

Source : La Nouvelle République du Centre Ouest

travailleurs sociaux, grève, rassemblement, délégation

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