0182914/02/1934POITIERS
Six manifestants sont arrêtés puis relâchés après identification.
Poitiers, ville calme, a connu lundi une animation inaccoutumée. Certains grévistes n’écoutant point les conseils au calme qui leur avaient été donnés, mais obéissant aux directives de certains agitateurs extrémistes, manifestèrent une partie de la soirée.
Cela commença à la sortie de la Préfecture, où une délégation était allée porter l’ordre du jour de la C.G.T. Les manifestants se formèrent en petits groupes, place d’Armes. « L’Internationale » alternait dans leur bouche, avec des cris divers, où revenait fréquemment : « Les Soviets, les Soviets ! ». La police, commissaire central en tête, veillait soigneusement à ce que rien ne troublât l’ordre public.
Tout était calme lorsqu’on apprit que les camelots du roy avaient été assaillis rue Scheurer-Kestner, par des manifestants. Ceux-ci, après avoir frappé l’un deux, avait brisé les vitres de la permanence de l’A.F. Un peloton de gendarmes, mousqueton à la bretelle, se rendit immédiatement sur les lieux, mais il était trop tard pour appréhender les manifestants qui avaient prudemment pris la fuite. Pour que de nouveaux actes de ce genre ne se reproduisent pas, des gendarmes demeurèrent à veiller à proximité de la permanence.
Le soir, dès dix-huit heures, une foule nombreuse garnissait les rues du centre-ville. Un petit noyau de manifestants créait, place d’Armes, une certaine agitation. Les forces de l’ordre l’empêchait de se diriger à sa guise dans les rues. Après avoir été dispersés rue de la Cathédrale – où trois des meneurs furent arrêtés – les manifestants revinrent se grouper place d’Armes. Autour d’eux s’amassa rapidement la foule des curieux. Des cris divers s’élevaient de temps à l’autre, à l’adresse des gendarmes et des gardiens de la paix qui formaient un cordon devant le poste de police, cordon qui, de temps à autre, repoussait la foule. Trois hommes parmi les plus exaltés, furent appréhendés, non sans résistance, et conduits au poste.
D’ailleurs les six manifestants arrêtés furent relâchés, vers dix heures, après identification. A ce moment la manifestation prit fin et Poitiers retrouva le calme qui lui est coutumier.
Le service d’ordre, excellemment organisé, fit qu’on n’eut à déplorer aucun geste regrettable. Aujourd’hui la vie a repris comme d’accoutumée.
le 22/06/2020 à 16:46
Source : L'Avenir de la Vienne
Espace Militants v0.3 - UD CGT 86 - http://cgt-ud86.org