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0196425/06/1936POITIERS

LES EMPLOYÉS DU GAZ ET DE L'ÉLECTRICITÉ SONT EN GRÈVE

Les employés du Gaz et de l’Électricité sont en grève depuis mardi à midi.

Leur mécontentement provient de ce que l’exonération des décrets-lois n’a pas été faire suffisamment tôt, alors qu’ils l’avaient réclamée depuis huit mois.

Ils demandent le remboursement des sommes qui leur ont été prélevées du fait des décrets-lois.

Il y a quelques temps un cahier de revendications avait été remis à la direction de la Compagnie et lundi soir un nouveau cahier de revendications été présenté avec prière de donner une réponse mardi avant midi.

En conséquence, mardi, à midi, une délégation se présentait à la direction et déclarait qu’à défaut de réponse les ouvriers occupaient dès à présent l’usine et faisaient la grève « sur le tas ». Toutefois la délégation acceptait d’assurer les services indispensables jusqu’à 20 heures, heure à laquelle la grève deviendrait effective et générale si satisfaction n’était pas donnée.

Tout l’après-midi se passa en discussion entre les délégués et les administrations.

Il faut noter qu’un ingénieur de la Compagnie du Gaz et de l’Électricité de Paris s’est déplacé à Poitiers.

Les délégués poitevins ont eu à 16 heures 30, à l’Hôtel de ville, une entrevue avec M. Fumeau, maire.

A un de nos confrères un des délégués déclara :

« Nous venons de voir M. le Maire, nous dit un délégué, nous ne pouvons pas dire grand-chose. Tout est au même point que ce matin. Nous avons demandé qu’on ramène nos salaires au tarif d’avant les décrets-lois. On nous a diminué sous prétexte que le gaz allait être aussi diminué ; il l’a été dans des proportions ridicules.

« Nous allons voir maintenant nos camarades et leur rendre compte de notre entretien. Nous reviendrons ensuite voir M. le Maire pour faire aboutir nos revendications.

Les délégués ouvriers furent ensuite reçus à la Préfecture par le Préfet.

A cette entrevue qui eut lieu, salle du Conseil Général, assistaient une délégation du personnel de la Compagnie du Gaz et de l’Électricité, ainsi que de Monsieur Souchaud, secrétaire général de la Bourse du Travail. M. le Préfet, M. le Maire de Poitiers et plusieurs conseillers municipaux, M. Gauthier, administrateur de la Compagnie, M. Cusin, directeur des établissements de Poitiers.

La délégation ouvrière fit valoir ses arguments en faveur du remboursement des sommes prélevées depuis juillet 1935.

M. Gauthier répondit que la décision de la Compagnie était subordonnée à celle du ministre de l’intérieur.

M. le Préfet attira l’attention de la délégation sur les inconvénients qu’aurait pour la population la suppression du gaz et de l’électricité, et demanda les délais nécessaires pour mettre le ministre de l’intérieur au courant.

Finalement vers 19 heures, un accord intervint sur les bases suivantes : le grève continuera pendant deux jours mais les services de fabrication et de sécurité seront assurés.

Ces deux jours de délai seront mis à profit pour demander au ministère les autorisations nécessaires et pour permettre aux deux délégués de poursuivre les négociations auprès de la Compagnie.

Si jeudi soir aucune réponse favorable n’a été apportée la fabrication sera interrompue.

MISE AU POINT DU SYNDICAT OUVRIER

Le syndicat du personnel des Usines nous communique la note suivante :

Les ouvriers du Gaz et de l’Électricité sont en grève depuis mardi à midi ; leur mouvement est déclenché à la suite d’un mécontentement profond qui a son origine dans l’application des décrets-lois. Aujourd’hui le personnel réclame le remboursement des sommes qui indument leur ont été retenues.

Cependant, après des articles de presse plus ou moins tendancieux concernant cette grève qui se déroule dans le calme le plus absolu et par l’occupation des usines, le syndicat tient à rétablir les faits dans toute leur exactitude.

Le syndicat déclare avec force que la grève par lui déclenchée n’est pas et ne peut être, dirigée contre l’intérêt général de la population et que ce mouvement décidé après mure réflexion et en toute connaissance de cause, n’a pour autre but que de faire revenir la Compagnie à la meilleure compréhension des besoins ouvriers.

D’ailleurs, si un journal du soir a pu écrire que deux sur trois de nos revendications étaient acquises, nous précisons que cela est inexact et que ce n’est qu’aujourd’hui et à Paris que les pourparlers s’engagent entre nos délégués et la Compagnie pour ces revendications.

Tenant compte de l’importance du service public assuré par le personnel des usines à gaz et d’électricité et des besoins de la population.

Le syndicat a décidé, au cours de l’entrevue qui a eu lieu avec la Compagnie et en présence des représentants des pouvoirs publics, que les services de sécurité et de distribution Gaz et Électricité seraient assurés pendant la durée des pourparlers.

 

 

le 04/07/2020 à 14:28

Source : L'Avenir de la Vienne

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