0264408/02/1945POITIERS
Le C.D.L. s’est réuni mardi après-midi sous la présidence de M. René Savatier. M. le Préfet Tremaud assistait à la séance.
La plus grande partie de la séance fut prise par un important débat sur la question de l’épuration. L’assemblée entendit tout d’abord un exposé de M. Souchaud qui avait quelques jours auparavant, adressé au président du CDL sa démission de président de la Commission d’épuration, tenant ainsi à protester contre certaines défaillances constatées en ces dernières semaines. Il cita de nombreux faits et conclu en déclarant qu’il ne pouvait prendre la responsabilité de s’associer à de tels agissements. C’est pourquoi, d’accord avec les organisations syndicales qu’il représente, il a donné sa démission.
De nombreux membres du C.D.L. interviennent dans la discussion, puis M. Robert, déposa la motion ci-après :
Une motion
« Le Comité Départemental de Libération réuni en séance plénière le 6 février 1945,
« Après avoir entendu les explications de M. Souchaud sur les raisons et les faits qui ont motivé sa démission de la Commission d’épuration dont il a, depuis 5 mois, assuré régulièrement la présidence,
« Considérant que du temps de l’occupation, l’épuration a été souhaitée, demandée et voulu par les militants de la Résistance qui la considéraient avec raison comme une mesure indispensable de la salubrité publique,
« Que pour répondre aux exigences de la Justice, l’épuration doit faire abstraction de tout ce qui peut entraver son action, amitiés, relations, influences avouées ou occultes, situation sociale des personnes mises en cause et, le cas échéant, règles juridiques trop étroites ou inopportunes,
« Que les rigueurs de la Justice ne doivent pas tant être réservées aux lampistes plus ou moins conscients, que d’abord et surtout aux coupables de marque dont l’action pro-allemande et anti-française a favorisé ouvertement les desseins de l’ennemi et fait à juste titre redouter l’instauration du fascisme en France,
« Regrette que la Cour de Justice et la Chambre civique aient, dans certains cas, prononçaient des acquittements ou des peines relativement légères alors que le public attendait des condamnations sévères et par contre aient frappé durement des inculpés dont les agissements n’ont jamais présenté un caractère de gravité extrême,
« S’étonne des mises en liberté provisoire ou en liberté tout court décidées par la Cour de Justice, sans avoir au préalable et selon une habitude admise, consulté la Commission d’épuration avec laquelle il sied que la Cour collabore en étroite harmonie,
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M. Souchaud fit connaitre qu’il ne pourrait revenir sur sa décision que si ses mandants en décident ainsi. La motion de M. Robert fut adoptée et de nombreux membres exprimèrent l’espoir que M. Souchaud reprenne la présidence de la Commission d’épuration.
…/…
le 07/11/2020 à 15:00
Source : Le Libre Poitou
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