0272202/10/1945POITIERS
Le Cartel des services publics groupant les représentants des syndicats affiliés aux Fédérations nationales des fonctionnaires, des PTT, des travailleurs de l’État, des cheminots, des services publics de l’Éclairage et des transports, réunis en Assemblée générale le 21 septembre 1945 à la Bourse du Travail de Poitiers a voté à l’unanimité la motion ci-dessous :
« Considérant que malgré les promesses faites par le Gouvernement les prix depuis le début de l’année 1945 sont en progression constante. Considérant que les augmentations obtenues au cours de l’année 1945, sont rendues ainsi immédiatement caduques et qu’il apparaît clairement que le gouvernement a fait fausse route en ajustant les salaires avant de fixer les prix à un taux où ils auraient pu et dû être maintenus.
Revendique : 1. L’attribution immédiate d’une indemnité provisoire de 1.000 fr. par mois ; 2. La stabilisation durable des prix ; 3. L’instauration d’une législation moins incohérente qu'elle ne l’est actuelle aussi bien en ce qui concerne le ravitaillement, la collecte, la répartition que les prix ; 4. La revalorisation définitive des traitements, salaires, charges de famille, frais de déplacement et indemnités diverses, revalorisation que la réalisation des deux points précédents devrait permettre ; 5. La compression massive des dépenses militaires et une plus équitable répartition des moyens de production et de consommation entre les services civils et les services militaires qui en période de paix ne devraient plus être aussi outrageusement privilégiés ; 6. Une utilisation plus rationnelle du personnel actuellement en fonction, la modernisation et le perfectionnement des méthodes de travail qui permettraient d’accroitre le rendement général et même envisager une diminution des fonctionnaires au lieu de poursuivre une dispendieuse politique de recrutement.
Les membres du Cartel, conscient du rôle qu’ils peuvent et doivent tenir dans la reconstruction de la nation, se déclarent prêts à coopérer à tous les efforts raisonnables et justes qui tendraient à sauver l’économie française, tout en instaurant le régime social meilleur, dont l’établissement est une des principales raisons du syndicalisme.
le 09/11/2020 à 17:10
Source : Le Libre Poitou
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