0278410/02/1946POITIERS
Dimanche matin les syndicats, le parti socialiste SFIO et le parti communiste avaient organisé une réunion commune afin de commémorer les journées de 9 et 12 février 1934.
Une nombreuse assistance, parmi laquelle on reconnaissait plusieurs personnalités, était venue écouter les exposés de M. Souchaud, secrétaire de l’Union des syndicats, M. Huyard, secrétaire de la section socialiste SFIO et Maillocheau, député communiste.
M. Souchaud
Après la formation du bureau composé de M. Giboin comme président ; M. Beley, représentant du F.N. ; Mme Vergès de l’U.F.F. et M. Massias ; M. Souchaud prit la parole : « Il y a 12 ans aujourd’hui, la CGT donnait l’ordre de grève générale. A la veille du 6 février, la classe ouvrière française était profondément divisée. Devant le fascisme, un groupement des forces républicaines parut nécessaire. Le 6 février 1934 c’est la date de la première offensive factieuse en France. La riposte ne se fit pas attendre : la France entière est descendue dans la rue. Que les français n’oublient jamais cette journée héroïque, car elle a secoué jusque dans ses fibres le grand peuple de France. Le 12 février, le fascisme était battu mais pas abattu. Ces mêmes gens qui, le 6 février, criaient : « A bas les voleurs » ces gens sans honneur, ont livré notre patrie à l’ennemi. Pendant quatre ans ils ont poursuivi leur sinistre besogne. Sont-ils tous châtiés comme ils le méritent ?
« Cependant le peuple français se trouve aujourd’hui en face d’une nouvelle épreuve. Depuis la Libération, les ouvriers français ont donné au monde entier un exemple de leur patriotisme. Au milieu de difficultés inouïes, ils ont fait un effort méritoire pour redonner à notre pays une vie économique toujours plus grande. En récompense on ne leur accorde que des salaires jamais en rapport avec les nécessités vitales. Les perspectives sont sombres et les ouvriers sont inquiets, car ils sont arrivés à la limite des sacrifices possibles. Mais ils espèrent des lendemains meilleurs, car ils croient à la Liberté et à la Justice.
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Le défilé
Toutes les personnes présentes se réunirent dans la cour de la Maison du peuple et un cortège se forma derrière le drapeau de la CGT. Après avoir passé rue Jean-Jaurès, fait le tour de la place d’Armes, passé rue Gambetta et rue des Vieilles Boucheries, le cortège fit un demi-cercle autour de la statue de la Liberté, où une gerbe fut déposée.
M. Souchaud prononça une courte allocution, après laquelle une minute de silence fut observée.
« Nous rendons aujourd’hui, hommage à ceux qui sont tombés pour la cause de nos libertés. Restons unis afin que le sacrifice de nos morts ne soit pas vain ! ».
le 11/11/2020 à 09:50
Source : Le Libre Poitou
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