0292112/02/1947POITIERS
La commission exécutive de la Fédération postale s’est réunie lundi à Paris et ainsi que nous le mentionnons d’autre part, elle a décidé de demander à tous les employés des PTT de cesser le travail vendredi, de 16 h à 20 h. pour manifester leur mécontentement à l’égard des insuffisances et des injustices du décret du 17 janvier 1947 :
Insuffisance du taux de l’indemnité provisionnelle pour les petites, moyennes catégories.
Établissement de trois zones ; régimes différents d’allocations aux auxiliaires ; établissement de la semaine de 48 heures sans l’application de la rémunération des heures supplémentaires (loi Croizat).
Et pour obtenir des pouvoirs publics :
La fixation rapide du minimum vital et l’application de l’article 32 du statut des fonctionnaires accordant aux traitements de base 120 % de ce minimum vital. L’accentuation de la politique de la baisse effective des prix. Un reclassement véritable de la fonction publique.
L’ordre de grève a été reçu mardi matin par les dirigeants de la Fédération de la Vienne et jeudi soir, à 20 h. 30, une assemblée générale extraordinaire de la Fédération postale se tiendra à la Maison du peuple afin de mettre les employés des PTT au courant des directives de la commission exécutive. A la suite de cette réunion, la grève sera-t-elle décidée ? La chose apparaît sinon certaine, du moins fort probable.
Tous les services des PTT (courriers, téléphone, télégraphe etc...) cesseraient alors de fonctionner vendredi de 16 h à 20 h. Cependant il serait envisagé, comme lors de la grève de juillet qui avait pour but d’obtenir la parité des employés des PTT avec ceux des administrations financières, d’assurer une permanence au service téléphonique, mais seulement pour les cas urgents : appel à un médecin, une sage-femme.
Les télégrammes mais seulement les télégrammes téléphonés présentant un caractère d’urgence seraient acceptés et acheminés.
Les postiers sont décidés à poursuivre leur effort pour la renaissance française
« Nous ne voulons pas entraver la vie économique du pays, nous a dit le représentant de la fédération postale de la Vienne, c’est pourquoi seule une grève d’avertissement de 4 heures a été envisagée à Paris.
Notre fédération avait demandé un acompte provisionnel de 24.000 frs pour les petites catégories : auxiliaires, facteurs et ouvriers au traitement de début. Nous n’avons obtenu que 6.000 frs pour Poitiers ce qui est notoirement insuffisant et encore a t-il été créé trois zones, ce qui met en état d’infériorité les employés des autres centres. L’acompte provisionnel des petites et moyennes catégories est par trop disproportionné avec celui accordé aux grandes catégories.
Les postiers et la baisse des prix
« Outre ces revendications, poursuit le représentant syndical, nous demanderons au gouvernement de continuer la politique de baisse des prix, dans le cadre de la revalorisation des traitements. Les postiers sont décidés à poursuivre leurs efforts pour la renaissance française, mais ils exigent des salaires leur permettant de d’assurer leur subsistance et celle de leur famille ».
Aurons-nous une grève des services postaux dans la Vienne ? Il nous faudra attendre jeudi soir, aucune décision ne sera prise avant l’assemblée générale extraordinaire.
Pas de grève des autres fonctionnaires
L’union générale des fonctionnaires n’a pas reçu d’ordre de grève pour les autres catégories de fonctionnaires. Cependant, d’après certains échos que nous avons recueillis, il est fort possible qu’un meeting soit organisé ces jours-ci à la Maison du peuple, meeting qui aurait pour but de soutenir les revendications des fonctionnaires présentées récemment.
P. R.
le 17/11/2020 à 12:22
Source : Le Libre Poitou
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