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0306420/11/1947MONTMORILLON

PHYSIONOMIE DE LA CFTC

Si le syndicalisme a ses contempteurs, l’étendue et le poids de sa force en on fait un élément si important dans l’échange des rapports sociaux que son activité ne saurait aux yeux, sinon à l’esprit, de personne passer désormais inaperçue. Il y a du reste pas mal de lustres qu’il a commencé de s’affirmer en France et si, à l’heure actuelle, il n’est pas exempt de reproches du fait d’immixtions extra-professionnelles qu’il ne nous appartient pas, ici, de contester ou de démontrer, il n’apparaît pas moins qu’il est appelé à jouer un rôle de plus en plus important dans l’organisation du monde du travail et la structure économique du pays.

Nous avons eu l’occasion maintes fois de relater la physionomie de la Confédération Générale du Travail telle que l’esquissaient des orateurs en tournée de propagande.

Moins souvent il nous fut donné d’entendre les porte-paroles de cet autre grand organisme qui s’appelle la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens. Dans notre souci d’information et d’objectivité, nous ferons aujourd’hui, une place aux travaux de l’Union locale.

Au cours de l’assemblée générale du 9 novembre, son secrétaire générale, Robert Thévenet, a rapporté le bilan moral de l’année 1946 et entamé celui de l’année en cours.

Il a tout d’abord présenté la CFTC sur un plan d’ensemble depuis son origine en 1887 jusqu’à son ampleur actuelle en passant par des comparaisons avec les positions des autres forces syndicales, par les victoires sociales, les luttes à poursuivre dans l’intérêt vital des travailleurs. Puis il en vint à l’aspect de la situation locale.

Les effectifs sont toujours légèrement au-dessus de la centaine. Il y a mieux à faire. Se syndiquer n’a pas pour unique raison la recherche d’une augmentation de salaires hélas ! souvent illusoire. Se syndiquer, c’est constituer une unité de plus dans une force avec laquelle les pouvoirs publics et le patronat doivent compter quand il s’agit de déterminer les bases de la vie sociale et de la réglementation du travail. Aurait-on obtenu les congés payés, la Sécurité sociale, les allocations familiales et le reste sans les syndicats ?

Les zones de salaires ont ouvert la porte à de criantes inégalités de pouvoir d’achat. Leur révision a fait l’objet d’interventions directes le 6 mars auprès de M. Croizat, ministre, le lendemain auprès de M. Bouloux, communiste, et de M. Abelin, MRP. Différentes entrevues ont eu lieu depuis avec l’Inspecteur divisionnaire et l’Inspecteur départemental. Le secrétaire de l’Union locale a des raisons de croire à des résultats prochains. Il a ensuite, dans son rapport, fait état d’une bonne entente avec les dirigeants locaux cégétistes et de l’abstention malgré cela de la CFTC dans une manifestation publique qui laisser percer, estime-t-il, des raisons politiques à travers les apparences sociales.

Bien que l’action pour l’application des salaires légaux minima ait été appréciable, les bénéficiaires qui ont à s’en féliciter, n’ont pas pour autant des salaires importants. Le climat local n’est pas encore à l’octroi du salaire maximum.

Robert Thévenet, membre du Conseil des Allocations familiales, a participé à Poitiers à l’élaboration de meilleures conditions de fonctionnement de cette caisse.

La presque disparition des cours professionnels, disparition totale en ce qui concerne le cours de comptabilité, ayant pour origine principale une réglementation paralysante pour des cours privés de moyens puissants est un motif de regrets qu’effaceront peut-être des jours meilleurs.

Les syndiqués CFTC de Montmorillon sont répartis dans quatre organisations : 1. employés de commerce et de l’industrie ; 2. hospitaliers ; 3. habillement ; 4. section interprofessionnelle. D’autre part, l’Union locale est présente dans les organismes suivants : Commission des prix ; Comité cantonal du Mouvement national d’épargne ; Comité de la Croix-Rouge Française ; Commission d’arrondissement des vêtements de travail ; Commission de classement et de discipline de l’Hospice-Hôpital ; dans deux entreprises occupant plus de 10 employés ; dans la Commission paritaire départementale agricole ; aux Comités de patronage et de surveillance du centre professionnel de garçons et au centre ménager de jeunes filles.

 

 

le 25/11/2020 à 11:02

Source : Le Libre Poitou

effectifs, commissions

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