0322405/04/1948POITIERS
Le personnel de la Compagnie des Tramways communique :
« Le personnel de la Compagnie des Tramways, Autobus et Tramways de Poitiers, réuni le vendredi 2 avril, après avoir pris connaissance des délibérations du Conseil municipal relatives au déficit d’exploitation de la Compagnie de laquelle il dépend,
« Estime que le Conseil municipal et l’opinion publique ont été mal informés et porte à sa connaissance les explications ci-après :
« Le Conseil municipal de Poitiers qui, pour une fois, s’est trouvé unanime, a semblé vouloir manifester son hostilité à l’endroit du personnel des Autobus et Trolleybus, considéré comme étant la cause du déficit d’exploitation.
« Le personnel sait bien, et tous les salariés le savent aussi, que lorsqu’il est question de réaliser des économies, c’est sur le dos des salariés que l’opération se fait.
« Il rappelle que la Compagnie des Trolleybus, conjointement avec la ville de Poitiers, a, depuis près de 20 ans accordé un statut au personnel aux termes duquel une certaine stabilité dans l’emploi fut reconnue, moyennant quoi différentes mesures furent précisées, conseil de discipline, règlement de retraite, délai, congé, etc..
« Malgré ces garanties, de nombreux licenciements furent opérés ces temps derniers. Des employés, des ouvriers occupés depuis plus de 20 ans, ont été licenciés sans indemnité de préavis et sans souci du préjudice causé quant aux versements effectués pour la retraite.
« Le personnel rappelle qu’il assure dans des conditions parfois difficiles la marche d’un service public. Les difficultés qu’il rencontre ne sont pas toujours appréciées comme il conviendrait. C’est toujours lui qui est rendu responsable par le public si le service ne donne pas entière satisfaction. On oublie trop volontiers qu’il s’agit d’un personnel d’exécution et que ses avis et suggestions n’ont jamais été sollicités par le Conseil municipal.
« Il remarque cependant que lorsqu’il s’agit de voter des crédits pour l’ébouage, pour le service des eaux, pour l’éclairage public qui sont aussi, et au même titre, des services publics ou bien encore d’inscrire de nouveaux centimes additionnels ou de créer de nouvelles taxes municipales destinées à couvrir les dépenses de services techniques ou administratifs de la Ville, on le fait d’un cœur léger du fait que ces dépenses seront supportées par la masse des contribuables qui paiera sans trop s’en apercevoir.
« Il n’en est pas de même lorsqu’il faut relever les tarifs des transports du fait que là on ne touche qu’une partie, souvent la plus défavorisée de la population.
« Le personnel n’est pas et n’a jamais été associé à la gestion de ce service public, mais il sait bien que l’équilibre financier de cette gestion est très difficile, sinon impossible, à réaliser.
« Il ne nie pas la nécessité de rechercher dans ce domaine, comme dans tous les autres, des sources d’économies. Il s’offre même à aider à leur recherche, si on daigne le consulter.
« Toutefois, il tient à signaler qu’il a déjà payé un lourd tribu à ces économies, puisque l’effectif du personnel qui fut de 75 agents il y a quelques mois, est aujourd’hui ramené à 55.
« Les salaires qui lui sont servis ne sont pas supérieurs à ceux de l’industrie et du commerce ou des administrations publiques ; ils sont fixés par voie d’autorité ministérielle.
« Pour toutes ces raisons et en regrettant qu’aucune voie ne se soit élevée au sein du Conseil municipal pour défendre cette catégorie de travailleurs modestes qui ne cessent d’accomplir une tâche souvent ingrate, le personnel bien décidé à faire entendre ses droits et à exprimer toute la vérité, décide de mandater son bureau syndical pour engager l’action nécessaire auprès des Pouvoirs publics ».
On trouvera d’autre part, la composition du syndicat FO des Employés de la Compagnie des Tramways.
le 29/11/2020 à 16:32
Source : Le Libre Poitou
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