0333222/09/1948CHATELLERAULT
de la région de Châtellerault (CGT, CGT-FO et CTFC) ont manifesté hier à 17 heures dans le calme et la dignité.
Répondant à l’appel des syndicats CGT, CGT-FO et CFTC, les travailleurs de la Manufacture ont quitté mardi soir le travail à 17 heures. A la sortie, dans le plus grand calme et le plus grand ordre, ils se sont formés en cortège pour se rendre Boulevard Blossac où les orateurs des différentes tendances syndicales devaient prendre la parole.
Sous la banderole inter-syndicale de la Manufacture que suivaient les porteurs de pancartes marquées aux initiales des trois centrales syndicales, marchaient MM. Jamet, secrétaire de l’Union locale CGT ; Paulet, secrétaire de l’Union départementale CGT-FO ; Dosdat, secrétaire de l’Union locale CGT-FO ; Foucault, secrétaire du syndicat général de la Manufacture ; Texereau, des agents de maîtrise CGT ; Jourdain du syndicat ouvrier CGT ; Arnault, du syndicat des agents de maîtrise FO ; Guillon du syndicat ouvrier CFTC ; Brion des retraités de la Manufacture, etc..
Sur le parcours, plusieurs délégations des industries métallurgiques de Châtellerault et de la région, qui avaient également cessé le travail, se joignirent au cortège. On remarquait notamment les délégations des usines Rocher de Cenon, Gallus, Radio-Energie, de la fonderie Lenoir, des Coutelleries Dutheil, de Domine, etc.
Meeting sur les promenades Blossac
Le cortège, par la rue de Châteauneuf et le pont Henri IV, l’avenue du Président Wilson et le square Gambetta, gagna les promenades Blossac. Successivement, MM. Foucault, Paulet, Libreau et Jamet prirent la parole pour exposer les raisons du mécontentement justifié et sans cesse grandissant de la classe ouvrière dont les salaires sont depuis longtemps dépassés par les hausses vertigineuses des prix encore aggravées par les récentes décisions gouvernementales. Les divers orateurs soulignèrent la complète identité de vue de leurs organisations et leur résolution à lutter pour l’aboutissement des revendications formulées dans une résolution dont il fut donné lecture et destinée à être remise aux pouvoirs publics.
LES REVENDICATIONS DES TRAVAILLEURS DE LA MAC
A l’issue de la manifestation la résolution suivante fut remise à M. le Sous-Préfet et à M. le Maire. Elle sera en outre adressée à MM. le Président du Conseil, le Ministre des Forces Armées et les Parlementaires :
« Les travailleurs de la MAC, ressortissants aux centrales syndicales suivantes : CGT, CGT-FO, CFTC,
Mécontents à l’extrême des mesures gouvernementales qui conduisent à la misère les masses travailleuses.
Mécontents de ce que les travailleurs font toujours les frais d’expériences fiscales désastreuses pour leur conditions d’existence, inefficaces pour le redressement national.
Mécontents de ce que les sacrifices fiscaux sont toujours exigés des travailleurs et jamais des trusts affameurs ni des « margoulins » qui spéculent sur la hausse.
Sont résolus à lutter jusqu’au bout pour l’aboutissement de leurs revendications dont la légitimité ne peut être contestée par personne.
Ces revendications sont les suivantes :
1. - Acompte immédiat de 3.000 francs, dans le respect de la hiérarchie des salaires et traitements. Extension de cette mesure aux vieux travailleurs.
2. - Baisse effective du coût de la vie.
3. - Paiement immédiat aux fonctionnaires et assimilés de la prime uniforme et exceptionnelle de 2.500 francs.
4. - Fixation du minimum vital à 13.500 francs pour 173 h. de travail.
5. - Révision automatique des salaires et traitements dès que le coût de la vie augmente de 10 %.
6. - Suppression immédiate des zones de salaires.
7. - Application immédiate du statut de la Fonction publique.
8. - Reclassement immédiat des catégories d’administratifs, d’agents de maîtrise et de techniciens dans un statut commun au personnel civil des départements de la Guerre, de l’Air et de la Marine.
9. - Aboutissement du projet de titularisation des auxiliaires.
10. - Respect de la Sécurité sociale et des Libertés syndicales.
11. - Maintien intégral des effectifs et du potentiel industriel des Établissements d’État.
12. - Suppression de tous les impôts sur les salaires et traitements.
Au cas où les pouvoirs publics resteraient sourds à ces revendications, les organisations précitées emploieraient toutes mesures d’action qu’elles jugeraient nécessaires ».
le 06/12/2020 à 16:22
Source : Le Libre Poitou
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