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0041204/03/1906POITIERS

LES AGENTS DES POSTES - Assemblée générale

Le groupe poitevin de l'association générale des agents des Postes, Télégraphes et Téléphones se réunissait dimanche 25 février.

L'Union des Indirectes, les ouvriers des lignes télégraphiques, des sous-agents des postes et télégraphes assistaient à cette réunion.

La séance est ouverte à 3 heures.

Président : M. Labeille ; assesseurs : Mlle Mennoteau, M. Combries ; secrétaire. Artus.

Le secrétaire du groupe a la parole.

Il expose le but de la réunion et demande à l'assemblée de se prononcer sur les revendications à soutenir au prochain congrès de 1906 :

1°) La question des receveurs et receveuses de bureaux simples (traitement, congés) ;

2°) Celle des dames employées (relèvement de traitement) ;

3°) Repos hebdomadaire ;

ont été classées les plus urgentes.

Après avoir exprimé au camarade Subra et à ses collaborateurs au Conseil d'Administration, toute son admiration pour son énergie, le camarade Provost aborde aussitôt la question syndicale.

Il montre à ses camarades quel danger il y aurait pour eux s'ils offraient, aujourd'hui, l'impression d'un groupement découragé et sans énergie et dit qu'il ne doit pas y avoir ni hésitation, ni arrêt momentané dans l'activité qui n'a cessé de se manifester jusqu'à ce jour dans les groupes de l'Assemblée générale.

Après 6 ans de luttes les résultats obtenus par l'Association générale, au point de vue des réformes morales, ont été nuls et si le syndicat doit nous donner les armes, pour faire aboutir ces réformes, nous devons tous accepter cette forme de groupement.

Subra, au nom du Conseil, vient traiter les questions professionnelles qui nous intéressent le plus. Il dénonce l'inertie de l'Administration qui se refuse à examiner les rapports qui lui sont présentés par l'A.G. Il cite, entre autres, celui d'une ligne d'ambulants qui apporterait une économie annuelle de 300.000 francs, mais qu'on n'a pas encore admis.

Depuis 5 ans nous réclamons vainement trois réformes morales : communication d'office des notes et dossiers secrets ; modification du conseil de discipline ; publication par ordre de classement du tableau de grade. Ces réformes, qui ne coûteraient rien au Trésor, mettraient un terme au favoritisme effréné, aux avancements scandaleux, aux recommandations politiques qui démoralisent le personnel et compromettent si gravement les intérêts.

Depuis 1900 les plus pressantes démarches ont été faites pour relever le salaire de famine des dames employées, des petits receveurs et receveuses. On a toujours fait de solennelles promesses, nous les attendons encore. L'arme que nous a donné la loi de 1901 est donc inefficace.

Il arrive à la question du syndicat. Il dit :"Nous voulons créer, en face de l'État, des organisations corporatives permanentes, agissantes et réellement vivantes, pour arriver à faire le partage des responsabilités et des attributions. L'État conservera le droit de contrôle qu'il exercera au nom de la Nation toute entière.

"Les employés et fonctionnaires opposeront le mérite et les droits acquis aux faveurs du pouvoirs, ils indiqueront les camarades méritant de l'avancement.

.../...

"II est faux que la grève soit la conséquence nécessaire et fatale des syndicats. Les employés de l'État possèdent à un trop haut degré le sentiment de leur devoir pour oublier qu'au-dessus d'eux doit toujours planer l'intérêt général du pays.

Il termine en faisant appel à l'esprit de solidarité de tous."Ayez confiance en le magnifique et irrésistible mouvement que le prolétariat administratif vient de créer".

.../...

Deux ordres du jour sont présentés. La priorité, demandée et acceptée, par le suivant a été votée à l'unanimité moins trois voix.

Ajoutons que les deux ordres du jour différaient très peu et que tous les adhérents sont unanimes à reconnaître que la forme syndicale doit être préférée à l'association.

Ordre du jour :

Les adhérents à l'association générale des agents des Postes, Télégraphes et Téléphone du groupe poitevin, réunis en Assemblée générale le 25 février à l'Hôtel de ville (salle des Orphéons), après avoir entendu le camarade Subra, délégué du Conseil d'administration ;

« Considérant que le syndicat, selon l'expression de M. Barthou, est une forme supérieure d'association ;

« Qu'aucune restriction ne saurait être admise dans l'application de la loi de 1884 ;

« Que cette loi ne renferme aucune disposition la rendant inaccessible aux agents des Postes, Télégraphes et du Téléphone ;

« Que l'État patron ne saurait se soustraire aux obligations que la loi impose aux autres employeurs ;

« Affirment leur droit absolu au bénéfice de la loi de 1884 ;

« Se déclarent fermement décidés à jouir du bénéfice de ce droit et emploieront tous les moyens en leur pouvoir pour qu'il ne leur soit pas contesté ;

« Prennent l'engagement définitif de donner une sanction au vote émis par le congrès de l'Association générale de 1905.

 

le 09/04/2020 à 14:58

Source : L'Avenir de la Vienne

amicale, association, poste, PTT, syndicat

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