0454121/05/1957CHATELLERAULT
Dimanche 19 mai s’est tenu à Châtellerault le 10e congrès de l’Union départementale Force Ouvrière, sous la présidence d’André Bergeron, secrétaire confédéral.
La séance est ouverte à 9 h .30, par Rémy Pothet, secrétaire général de l’UD qui, dans une courte allocution de bienvenue, présente André Bergeron aux congressistes.
Paulet fait l’appel des sections représentées. Malgré plusieurs abstentions, un bon nombre de celles-ci sont représentées.
Pothet présente le rapport moral. Les effectifs de 1956 sont largement maintenus. Le syndicat des employés de Commerce a été constitué et s’est développé normalement. Les résultats sont assez satisfaisants dans l’ensemble. Il refuse d’une façon systématique toute unité d’action quelle qu’elle soit. A plusieurs reprises des propositions de ce genre sont restées sans réponse.
De nouveaux camarades viennent peu à peu s’adresser à la permanence quelque peu méconnue jusqu’à ce jour et quelques adhésions nouvelles ont été enregistrées. Une propagande plus active dans le département, notamment dans le secteur privé, devrait amener d’autres adhésions à Force Ouvrière.
Ménard prend à son tour la parole et présente son rapport sur l’expansion économique. Ce rapport est assez succinct, néanmoins diverses interventions ont été enregistrées.
Bergeron donne la parole à Paulet qui présente le rapport à la propagande. Il ressort surtout de celui-ci qu’une section syndicale des employés de garages a été constituée à Châtellerault. Un syndicat des retraités, veuves de retraités et ascendants de la Manufacture groupe une vingtaine d’adhérents.
Différents interlocuteurs sont ensuite entendus sur leurs divergences de vues respectives. Pothet répond à chacun et souhaite ardemment que ce congrès 1957 soit surtout constructif.
Bergeron met les différents rapports aux voix. Ceux-ci sont adoptés à l’unanimité moins deux voix contre et deux abstentions.
Chastenet présente le rapport financier. Les chiffres sont assez éloquents dans l’ensemble. Celui-ci est adopté à l’unanimité moins une abstention.
Avant de clore la séance du matin, il est procédé à la désignation des membres de la Commission de résolution composée de : Charpentier, Legrand, Veissière, Chaussebourg, Menant. La séance est levée à 12 h. 30.
Après un déjeuner amical, la séance est reprise à 15 h. Il est tout de suite procédé au renouvellement du bureau constitué comme suit : Secrétaire général : Pothet ; secrétaire à la propagande : Paulet ; secrétaire aux questions économiques : Doisneau ; responsable de l’UL de Châtellerault : Charpentier ; responsable de l’UL de Poitiers : Vias ; trésorier général : Chastenet ; trésorier-adjoint : Martin ; archiviste : Tourancheau.
Commission exécutive : Chaussebourg, Monnet, Paillet, Emery, Naud, Legrand, Rivereau, Mabuleau, Ménard, Mlle Cailleton, Veissière, Vouhé, Petitpas, Noelten, Leloup, Menant, Champeau.
D’autres questions diverses sont ensuite débattues avant la lecture de la résolution générale.
André Bergeron clôture la séance par un brillant exposé et s’étend notamment sur les questions salaires et abattements de zones. Nous ne pouvons nous étendre sur toutes les questions qu’il a abordées, néanmoins retenons-en quelques-unes.
« Nous avons constaté, dit-il, les pratiques du Gouvernement pour empêcher le déclenchement du mécanisme de l’échelle mobile des salaires ».
Il aborde tour à tour diverses divergences de vues sur l’Europe, l’euratom, le marché commun, etc.
« La situation générale, ajoute t-il, n’est pas tellement brillante. Il existe un déséquilibre entre les importations et les exportations ». Et, plus loin : « Nous n’entendons pas ralentir en quoi que ce soit la présentation de nos revendications ouvrières. Depuis des années nous réclamons une réforme fiscale ».
« Il y a, dit-il en substance, une augmentation de 15 % de nos effectifs sur l’an dernier à pareille époque ».
Bergeron termine sont exposé en disant : L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs par eux-mêmes ».
De vifs applaudissements saluent cette brillante allocution.
La séance est levée à 18 h. 30.
La résolution générale
Le congrès de l’Union départementale des syndicats confédérés CGT-FO de la Vienne, réuni le dimanche 19 mai, sous la présidence d’André Bergeron, secrétaire confédéral,
- se félicite du renforcement des effectifs de l’organisation et condamne le patronat qui se refuse à accorder les augmentations de salaires réclamées par Force Ouvrière.
Le congrès constate que la législation du travail n’est pas respectée dans de nombreux cas. C’est pourquoi il demande le renforcement du corps des inspecteurs du travail et regrette qu’une action plus vigoureuse ne soit pas appliquée à l’encontre des employeurs qui ne paient pas les majorations d’heures supplémentaires prévues par la réglementation et se dérobent à leurs obligations à l’égard de la Sécurité sociale.
Le congrès réclame la pleine application de la loi du 11 février 1950, actuellement mise en échec tant par l’attitude du patronat que par l’insuffisance des services administratifs.
Il demande la suppression totale des abattements de zone de salaires et l’application de formules susceptibles d’assurer l’évolution du SMIG en fonction des progrès de la production, de la productivité et de l’augmentation réelle du coût de la vie.
Il réclame la réforme des services de la médecine du travail.
Le congrès condamne l’attitude du Gouvernement qui se refuse à tenir les promesses faites aux fonctionnaires et agents des services publics lors, notamment, de la campagne électorale de janvier 1956. Il regrette que le Parlement et le Gouvernement se refusent à appliquer les textes législatifs existants. Il approuve l’action menée par les organisations de fonctionnaires et assimilés et leur demande de redoubler d’efforts pour obtenir satisfaction.
Il condamne formellement les menées poujadistes qui viennent de nouveau de se traduire par des attentats vis-à-vis des agents des régies financières et exige du Gouvernement qu’il punisse immédiatement les auteurs de ces actes criminels et qu’il prenne toutes mesures pour la protection des fonctionnaires chargés d’assurer le respect de la loi fiscale.
Il demande que soit rapidement votés les projets de loi de caractère social actuellement en instance devant l’Assemblée Nationale et le Conseil de la République et qui intéressent notamment :
Le reclassement des handicapés physiques ; les travailleurs à domicile ; le congé-éducation ; le délai congé porté à un mois en cas de licenciement ; la procédure de conciliation et de médiation, en matière de conflit du travail.
Le congrès demande tout spécialement le vote rapide du projet Gazier et le remboursement effectif à 80 % des frais médicaux prévus par l’ordonnance du 19 octobre 1945.
Il enregistre avec satisfaction la signature de l’accord concernant les retraites complémentaires.
Il demande la modification de la législation prud’homale et réclame un renforcement de la formation professionnelle, celle-ci devant permettre de satisfaire les besoins de main-d’œuvre qualifiée, sur le plan local, il demande la création d’un Conseil de Prud’hommes dans le canton de Dangé.
Par ailleurs, le congrès réclame avec force l’installation de nouvelles industries dans la Vienne dans le cadre d’une politique d’expansion économique conforme aux conceptions développées par la CGT Force Ouvrière et exige une modification de la législation permettant la participation des délégués ouvriers à titre au moins consultatif, dans les Conseils d’administration des sociétés de développement régionaux et, s’il y a lieu, des sociétés d’études.
Il approuve les positions prises par la Comité Confédéral national de la CGT-FO affirmant l’opposition de l’organisation à toute pause sociale.
Il demande que soient poursuivis les efforts en matière de logement afin d’obtenir rapidement une amélioration de la situation dans ce domaine, notamment par le rétablissement des crédits en matière d’HLM et d’accession à la propriété.
Le congrès se félicite de la signature des traités de Marché commun et d’Euratom et souhaite leur ratification le plus rapidement possible, en sauvegardant les avantages sociaux des pays les plus favorisés.
Enfin, le congrès condamne tous les régimes de dictature et affirme sa volonté de tout mettre en œuvre pour préserver la liberté indispensable à la continuation de la lutte pour de meilleurs conditions d’existence.
le 01/08/2021 à 17:34
Source : Le Libre Poitou
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