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0468821/08/1958POITIERS

LA VENTE DES ÉTABLISSEMENTS ROCHER

Un industriel de Versailles acquéreur pour 85.010.000 fr de l'usine de Bretaigne et de la Môle

Le 17 mars 1956, les usines Rocher, implantées sur le territoire des communes de Cenon et de Naintré, étaient mises en vente par les créanciers prioritaires fiscaux et parafiscaux : le Trésor public, la Caisse de Sécurité sociale et la Caisse d’Allocations familiales. La créance de ces prioritaires dépassait largement un demi-milliard de francs, principal et pénalités de retard. Il n’y eut pas d’acquéreur et les Domaines, c’est-à-dire l’État, devinrent propriétaires.

Depuis les Domaines ont remis en vente les trois usines qui formaient les Établissements Rocher : Chézelles (mise à prix : 18 millions) ; Le Prieuré (7 millions de francs) et Bretaigne et la Môle (85 millions), le tout représentant un total de 110 millions de francs. Mais il n’y eut pas d’acquéreur.

Nouvelle vente hier après midi au Palais de Justice où M. Mourer, secrétaire général de la Préfecture, présidait entouré de M. Picaud, directeur de l’Enregistrement des Domaines et du Timbre ; M. Fourneau, inspecteur principal ; M. Lœngten, inspecteur-rédacteur.

Dans la salle des Assises nombreuse assistance parmi laquelle M. Abelin, député, ancien ministre, des hommes de loi, des hommes d’affaires, MM. Rocher père et fils, etc...

Après la lecture fastidieuse (et obligatoire) des clauses de la vente, débute la vente aux chandelles. A chacun des deux feux pour les deux premiers lors, aucun enchérisseur ne se fit entendre.

Ce n’est qu’au troisième lot qu’une voix se fit entendre pour poser une enchère à 10.000 francs. C’était M. Bléreau, industriel à Versailles.

On procède ensuite à la vente de l’ensemble : aucun acquéreur ne se fit connaître. M. Bléreau fut donc déclaré acquéreur définitif du 3e lot.

Un acquéreur éventuel s’était fait connaître avant la vente mais un retard apporté dans une formalité administrative ne lui permit pas de participer aux enchères.

Les établissements Bléreau qui sont implantés à Versailles, font de la mécanique et de l’électricité en général mais sont spécialisés dans la construction de matériel de traction, des locomotives de 17 tonnes. Ils occupent 150 ouvriers. Ils sont appelés à prendre une extension importante dans notre département (ils avaient le choix entre le Nord et Cenon) où ils vont exploiter de nouveaux brevets pour lesquels les dirigeants de la société conservent encore le secret.

Mais il y a une chose certaine c’est que Cenon, dans quelques mois (il va falloir enlever les machines non vendues et installer les nouvelles) va à nouveau « tourner » à la grande satisfaction de la main-d’œuvre locale qui avait perdu son gagne-pain avec la fermeture des usines Rocher.

 

 

le 10/08/2021 à 11:14

Source : Le Libre Poitou

métallurgie, liquidation, vente

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