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0482520/01/1960POITIERS

DEVANT LE RISQUE DE CRISE, CE QUI EST RÉALISÉ DANS LA VIENNE POUR LES CHÔMEURS

Trois chantiers ouverts à Chauvigny, Sanxay et Saint-Pierre-de- Maillé

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Dans le proche passé

Si l’on veut un comparatif, par rapport aux années précédentes, en ce qui concerne le monde du travail et que l’on se réfère aux statistiques données par l’INSEE, l’on constate qu’au mois de janvier 1956 il y avait dans la Vienne, 293 chômeurs secourus, dont 89 hommes et 204 femmes. La durée hebdomadaire moyenne du travail dans les différentes branches d’activités de la région de Poitiers, variait de 48 heures 3 (bâtiment et travaux publics), à 42 heures 1, dans l’habillement et le travail des étoffes. Elle s’établissait, en ce qui concerne les ouvriers, d’une manière générale, à 46 heures 5 et, pour les employés, à 44 heures.

En 1957, cette moyenne générale était de 46 heures 6, et pour les employés de 43 heures 9. Déjà se manifestaient certains signes de crise, quoique le nombre de chômeurs secourus ait été en régression, puisque cette même année, les statistiques indiquaient un total de 157, soit 52 hommes et 105 femmes.

Aujourd’hui, le nombre de chômeurs secourus est, pour Poitiers, actuellement de 189 et pour Châtellerault de 153, pour Naintré de 15, ce qui donne un total de 357. En deux années le nombre de chômeurs a plus que doublé.

Nous nous sommes livrés à une enquête à travers les principales cités de notre département sur cette crise du monde du travail et en donnons les résultats ci-après.

Une première constatation est faite : si les chiffres pour chacune des cités considérées peuvent apparaître peu importants, sauf en ce qui concerne la région châtelleraudaise, qui, nous l’avons dit, est la plus atteinte. Cela tient au fait qu’en ce qui concerne les cités semi-rurales, nombre de sans-emploi n’habitent pas la localité où ils avaient leur emploi et qu’ils se sont fait inscrire dans la commune de leur résidence. C’est le cas notamment, pour la région civraisienne.

Mais voyons maintenant la situation pour chaque ville et les mesures qui ont été prises.

A Châtellerault

Châtellerault et sa région sont les plus touchées, nous en avons indiqué les raisons hier. Actuellement, il y a 811 inscrits, dont 406 hommes et 405 femmes, pour l’ensemble de l’arrondissement. Les chômeurs secourus par le fond de chômage, sont au nombre de 153, en ce qui concerne la ville.

La répartition est la suivante : agriculteurs, 47 inscrits ; bâtiment, 87 ; métallurgie (tourneurs et mécaniciens)33 ; électriciens, 6 ; cuisiniers et bouchers, 15 ; industrie du bois, 16 ; chauffeurs routiers, 16 ; employés de bureau, 5 ; manœuvres, 180…

A Naintré, où il existe un fonds de chômage, il y a 15 inscrits, dont 3 femmes.

Actuellement, il n’y a aucune offre d’emploi au bureau de main-d’œuvre de Châtellerault. De nombreux chantiers ont dû fermer temporairement, en raison des intempéries. On compte sur l’ouverture de nouveaux chantiers pour donner du travail à ceux qui n’en ont pas. Il n’y a pas de projet de chantier de chômage pour le moment.

A Loudun

Pour Loudun il y a actuellement 32 inscrits et hors commune, 39. C’est tout particulièrement le secteur agricole qui est atteint dans cette région. Des contacts ont été pris par la municipalité avec la direction de la main-d’œuvre départementale, pour trouver des solutions.

A Chauvigny

Actuellement, à la mairie de Chauvigny, il y a 15 chômeurs inscrits. Un chantier de chômage a été créé, il devait commencer à fonctionner la semaine dernière, les circonstances atmosphériques ne l’ont pas permis. Il s’agit là de travaux de voirie rurale à effectuer qui portent sur une somme dépassant un million de francs anciens. L’ensemble de ces travaux durerait un mois et demi environ. Là encore les chômeurs viennent de l’agriculture.

A Saint-Pierre-de-Maillé

A St-Pierre-de-Maillé, l’ouverture d’un chantier de chômage va avoir lieu dans les jours qui viennent. Il y a actuellement 7 inscrits à la mairie mais ce nombre va passer à 10 ou 12, du fait que les travaux à la distillerie coopérative sont terminés. Le Conseil municipal va être appelé cette semaine à prendre cette décision. Le chantier de chômage portera sur des travaux à faire dans les chemins vicinaux et ruraux, sans point fixe.

A La Trimouille

Il y a actuellement 5 inscrits, vingt-cinq à 30 employés du bâtiment se trouvent, pour le moment, sans travail. Mais ce n’est qu’une situation provisoire due aux intempéries.

A Civray

Civray a connu, il y a quelques mois, une situation critique dont « Centre Presse » se fit l’écho. Le manque de commandes à l’usine de Constructions métalliques avait obligé celle-ci à licencier de personnel, une trentaine de personnes. Devant cet état de choses la municipalité, que préside le docteur Guillard, avait ouvert un chantier de chômage qui, pendant deux mois, fonctionna à cette occasion : le tout-à-l’égout et les divers travaux nécessaires à un nouveau lotissement, furent accomplis, ainsi que diverses autres choses d’ordre municipal. L’usine ayant reçu de nouvelles commandes, a réemployé ses ouvriers et la crise s’est faite moins sévère.

Toutefois, dans la région civraisienne il y a un malaise. Douze demandeurs d’emplois sont actuellement inscrits à la mairie de Civray. Il s’agit d’ouvriers agricoles qui n’ont pas de travail. D’autre part, dans une entreprise civraisienne, 11 personnes, 4 hommes et 7 femmes, se trouveraient sans emploi à la suite du manque de commandes.

Mais l’on souhaiterait à Civray, comme toute cette région, qu’une aide soit accordée au plan national pour mettre fin à une telle situation. L’étroitesse du budget municipal ne permet pas d’envisager de grands travaux nécessaires et qui permettraient l’emploi de la main-d’œuvre au chômage. Il faut donc obtenir des crédits de financement, c’est ce à quoi la municipalité s’emploie.

A Montmorillon

Pour Montmorillon ville, la situation est la suivante et apparaît normale : femmes de ménage sans emploi, 2 ; employés de bureau, 2 ; apprenties coiffeuses, 2 ; manœuvres, 2. Si la crise n’a pas atteint la cité montmorillonnaise, elle s’est étendue sur l’ensemble des communes de l’arrondissement, on compte en effet, une centaine de chômeurs.

Un seul chantier de chômage, celui de St-Pierre-de-Maillé, dont nous parlons plus haut.

A Poitiers

A Poitiers ville, 189 chômeurs sont secourus, par le fonds de chômage et en touchent l’allocation.

L’ouverture de grands travaux pour lesquels des crédits nécessaires ont été demandés, serait une solution.

D’autre part, comme nous l’indiquions hier, la région poitevine est touchée et l’ouverture d’un chantier de chômage à Sanxay est en cours.

On attend des crédits

Telle est, dans le détail, la situation des principales cités de notre département, du point de vue du marché du travail. Notre enquête aboutit à constater que pour l’ensemble des chômeurs qui dépasse, répétons-le, 2.000 personnes, trois chantiers de travail sont ouverts, ou vont l’être ; qu’en ce qui concerne les grands travaux, aussi bien à Poitiers qu’à Châtellerault, qu’à Civray, il faut que les autorisations nécessaires soient obtenues et les crédits nécessaires débloqués.

C’est à ces seules conditions, semble-t-il, que le grave problème qui est posé, sera résolu, tout du moins, en partie. Il faut donc se hâter, avant que le mal n’empire.

 

 

le 03/09/2021 à 13:00

Source : Centre Presse

activité, chômage, emploi

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