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0555513/07/1963POITIERS

UNE LETTRE DES SYNDICATS FO AUX PARLEMENTAIRES DE LA VIENNE

Monsieur le Député,

L’attention de La Commission exécutive de l’Union départementale Force Ouvrière de la Vienne, réunie le 11 juillet 1963, a été tout spécialement retenues par le projet de loi gouvernemental sur l’exercice de la grève dans les services publics.

La Commission exécutive déclare son opposition catégorique à un tel projet. Plus encore que dans le dispositif imaginé, la volonté d’autoritarisme du pouvoir s’exprime par la manière précipitée dont le projet a été établi, sans consulter ni même aviser les grandes Confédérations syndicales avant que les décisions soient arrêtées en Conseil des Ministres.

Cette volonté systématique d’ignorer les organisations, les commentaires apportés par le Ministre de l’Information dans la présentation à la presse, le dépôt d’urgence devant le Parlement, ne sont en rien compatibles avec les déclarations faites par ailleurs et il y a peu de temps encore, par le Premier Ministre sur la collaboration qu’il avait dit souhaité entre le syndicalisme et le pouvoir.

Le projet gouvernemental ne peut que renforcer la méfiance de ceux qui considèrent, à la suite des déclarations de M. le Ministre Missoffe, que le pouvoir entend plier le syndicalisme à son autorité. Il fournit un aliment de choix à ceux qui veulent exploiter une telle situation au profit de leur politique.

L’Union départementale Force Ouvrière se doit d’élever une protestation véhémente contre de telles erreurs et fautes du pouvoir lequel croit donner pâture à son opinion, mais dresse contre lui l’ensemble de la population ouvrière extrêmement sensibilisée par le récent conflit de la mine.

La Commission exécutive approuve les représentations catégoriques déjà faites par le bureau confédéral FO auprès du Gouvernement. Elle en appelle aux parlementaires ayant à discuter d’un projet si loin des promesses qu’ils ont faites d’un meilleur état social et dont l’adoption serait interprétée dans le monde avec surprise par les démocraties amies mais réjouirait les régimes totalitaires qui sont nos adversaires.

La Commission exécutive est satisfaite des débrayages et des brèves manifestations qui ont eu lieu ce jour, elle se réserve de décider de toute autre action selon l’évolution des évènements. Elle déclare que l’état de chose actuel met plus encore en lumière la nécessité d’établir des relations normales entre directions et syndicats dans le secteur public par le jeu de libres et complètes discussions, mais que la paix sociale ne peut sortir d’une réglementation de l’exercice de la grève, tout en lui portant atteinte, ne peut que multiplier les occasions de conflits.

En conséquence, le Commission exécutive vous demande, M. le Député, de ne pas approuver le projet de loi qui vous sera soumis prochainement.

Nous vous prions d’agréer...

 

 

le 04/01/2022 à 17:21

Source : Centre Presse

grève, droits, protestations, pouvoirs publics

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