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0555816/07/1963POITIERS

UN APPEL À L'OPINION PUBLIQUE DES ORGANISATIONS SYNDICALES

On nous prie d’insérer :

Au moment où le Parlement est appelé à discuter du projet gouvernemental de réglementation du droit de grève dans les services publics, réglementation qu’il se réserve la possibilité d’étendre arbitrairement aux entreprises privées, les organisations syndicales attirent l’attention de la population sur les responsabilités majeures du gouvernement dans les conflits et grèves du secteur public et et dans les inconvénients et dommages qui peuvent en résulter.

L’opinion doit savoir que les services publics (EDF, GDF, PTT, RATP, SNCF, Mineurs, etc.) sont dans l’incapacité de fonctionner normalement par suite d’un manque de personnel, les niveaux de rémunérations ne permettant pas un recrutement normal de main-d’œuvre adaptée aux conditions de travail d’un service public d’intérêt national.

A la RATP, pour un personnel moindre en effectif, le nombre de modernisation du réseau est quasiment inexistante.

Aux PTT, l’insuffisance des effectifs doublée d’une insuffisante d’équipement, conduit même à une baisse qualitative du travail dont le personnel est le premier à souffrir et prive les usagers de facilités qu’ils sont en droit d’attendre d’un service public. Il en va de même dans les autres services publics.

La notion de « Service public » est ainsi détériorée en premier lieu par la carence de l’État et ceci explique les réactions vigoureuses du personnel de nos services.

Indépendamment de toute grève ou débrayage, cette situation ne peut que s’aggraver et le public risque de faire de plus en plus les frais d’une politique gouvernementale à la petite semaine.

Les organisations syndicales ont depuis longtemps attiré l’attention des pouvoirs publics sur cette situation et notamment réclamé des discussions devant normalement aboutir à rétribuer convenablement les serviteurs de l’État et les agents des services publics.

Saisi de ces demandes, le Gouvernement s’est toujours dérobé à des négociations ouvertes et sérieuses.

Le rapport du Comité dit « des Sages », lors de la grève des mineurs, fait état de cette réalité lorsqu’il dénonce : « l’altération de procédures qui ne sont plus adaptées aux réalités (ni parfois aux textes) et qui contiennent une part croissante de faux-semblants ».

Un Gouvernement assuré de sa majorité aurait dû s’attaquer aux causes d’une telle situation et non aux effets. Au lieu de cela, il tente de réduire l’efficacité des mouvements revendicatifs rendus nécessaires par sa propre politique.

Les organisations syndicales ne peuvent que manifester la plus ferme hostilité à un projet de réglementation du droit de grève qui ne saurait apporter, bien au contraire, aucune solution aux problèmes posés.

Dans le contexte politique présent, le projet gouvernemental constitue une attaque sans précédent contre les droits acquis et les moyens de défense de la classe ouvrière et partant, une menace pour l’ensemble des libertés démocratiques.

C’est pourquoi les organisations syndicales appellent les travailleurs de France à l’arrêt national du travail du mercredi 17 juillet 1963 :
- Pour s’opposer à un projet de loi rétrograde et répressif ; pour amener le gouvernement à discuter des revendications depuis longtemps posées dans les entreprises et services dont il a la responsabilité ; pour défendre le droit de grève et les libertés.

Cet appel est approuvé par les Unions départementales CGT, CFTC et FO.

 

 

le 04/01/2022 à 17:39

Source : Centre Presse

grève, droits, protestations, unité

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