0560618/10/1963POITIERS
On nous prie d’insérer :
Le congrès de l’Union départementale CFTC de la Vienne, réuni le 13 octobre 1963 et représentant de nombreuses branches d’activité, tant du secteur privé que du secteur public et de l’agriculture ;
Adresse à tous les travailleurs du département son salut le plus fraternel ;
Félicite tous ceux qui, dans le contexte politique et économique hostile à leurs revendications, par leurs luttes menées sans relâche, ont obtenu diverses améliorations à la situation des travailleurs de la Vienne :
- Régimes de retraites complémentaires, qui devront cependant être étendus à tout le monde du travail ;
- Amélioration du régime assurance chômage ;
- Revalorisation des salaires et traitements.
Et, ces derniers mois, la 4e semaine de congés payés dans de nombreux secteurs industriels du département (métallurgie, bâtiment, travailleurs de l’État, industrie du bois, alimentation, etc.).
Félicite également tous ceux qui, à l’appel de l’UD de la Vienne et de leurs sections syndicales, en liaison étroite avec les autres organisations syndicales du département, ont développé la lutte contre la loi antigrève par des débrayages, pétitions, envois de télégrammes, etc.
Cette lutte, dans une période difficile a montré la vitalité du syndicalisme et montrera, le moment voulu au Gouvernement et à sa majorité parlementaire, la vanité de la victoire législative qu’ils croient avoir remportée.
Le Congrès et l’ensemble des travailleurs affirment que l’aboutissement de ces revendications n’est dû, ni à la bonne volonté patronale, ni à une « politique sociale » du pouvoir, mais à la combativité des travailleurs et de leurs organisations syndicales.
L’UD CFTC de la Vienne et les différentes sections syndicales du département ont largement contribué au succès des luttes syndicales.
Le Congrès affirme que les améliorations intervenues, aussi positives qu’elles soient, sont largement insuffisantes en comparaison des possibilités d’une économie en expansion, grâce à l’effort de tous les travailleurs de ce pays (ouvriers, cadres, paysans, universitaires). Dans ce sens, le Congrès déclare que le plan anti-hausse ne peut être considéré par les travailleurs que comme une action psychologique gouvernementale propre à les duper une nouvelle fois et destinée à diminuer leur combativité.
Pour les familles ouvrières, le pouvoir d’achat de juillet 1957 n’est pas encore rattrapé alors que depuis cette date la production industrielle a augmenté de plus de 40 %.
Le Congrès rappelle que les grandes conquêtes ouvrières ne sont jamais venues toutes seules et c’est toujours l’adhésion syndicale, le renforcement de la confiance des travailleurs dans le syndicalisme, qui ont permis aux salariés d’aller vers de nouvelles victoires pour plus de bien-être.
Il se déclare en plein accord avec le programme revendicatif minimum de la CFTC :
- Paiement de tous les jours fériés à tous les travailleurs.
- Augmentation générale des salaires.
- Lutte effective contre les hausses de prix souvent d’origine gouvernementale et réforme des circuits de distribution.- Revalorisation du SMIG, des prestations familiales, des pensions d’invalidité, des retraites. Celles-ci devront être augmentées de manière à ce que certains retraités n’aient pas à travailler pour maintenir leur niveau de vie.
- Suppression totale des abattements de zone et des disparités de salaires réels.
- Semaine de 40 heures en 5 jours de travail consécutifs et abaissement de l’âge de la retraite.
- Création d’emplois par l’implantation d’usines nationales d’intérêt public dans les régions à développer économiquement. La nécessité de ces créations et devenue encore plus impérative à cause des mesures de licenciements prévues dans les bases alliées du département.
- Accroissement des investissements public pour le développement du nombre d’hôpitaux, de logements, d’écoles et la démocratisation de l’enseignement.
- Généralisation de la 4e semaine de congés payés.
Voici les objectifs que de la CFTC propose aux travailleurs de la Vienne.
Le Congrès se déclare prêt à défendre ce programme avec tous et rappelle qu’il reste partisan de la politique d’unité d’action sur des objectifs et des actions précis, définis en commun. Conscient que des objectifs, s’ils exigent le renforcement syndical, supportent aussi une toute autre politique que celle du prestige militaire de grandeur superficielle, et de direction technocratique, caractéristiques de ce régime.
En effet, la Ve République a évolué dans un sens autoritaire suivant la logique interne des institutions déjà dénoncées par les Congrès de l’UD de la Vienne en 1959 et en 1961.
Le patronat et le gouvernement poursuivent leur effort de domestication du mouvement ouvrier par leurs manœuvres d’intégration des salariés et de leurs organisations syndicales à l’entreprise et à l’État.
Pendant le même temps, les droits syndicaux sont contestés soit dans les usines, soit dans les organismes sociaux : Sécurité sociale, Allocations familiales. Les textes de mai 1960, janvier 1961, janvier 1963, limitant les pouvoirs des Conseils d’administration et traduisant la volonté du pouvoir, d’accroître son emprise sur ces organismes.
Enfin, dans de nombreuses entreprises, les délégués sont pourchassés ou dans l’impossibilité pratique d’exercer leur mandat.
Le Congrès, face à cet état de choses, appelle les travailleurs de la Vienne à lutter pour :
- La défense du droit de grève et l’extension des droits syndicaux.
- L’immunité syndicale des délégués.
- Le droit de réunion, d’affichage, de collectage des cotisations, de diffusion de la presse syndicale dans l’entreprise.
- La reconnaissance du délégué syndical d’entreprise et la possibilité d’exercer son mandat.
- Augmentation du nombre d’heures de délégation et la possibilité de liaisons des plus larges des délégués avec leur syndicat local.
- L’acceptation par le Gouvernement de la discussion effective avec les syndicats d’une politique des salaires publics, en rapport avec l’élévation générale de niveau de vie et la qualification requise des salariés dans ce secteur, dans l’intérêt de la nation.
- L’aboutissement rapide des négociations relatives à la Convention collective de la métallurgie, dans un sens favorable aux intérêts des travailleurs, la révision de la Convention collective du Bâtiment, en particulier sur le grave problème du chômage « intempéries ».
Affirme qu’une économie au service des besoins du peuple suppose une nationalisation totale du système bancaire et de crédit.
Oppose au capitalisme moderne, sous quelque forme de planification qu’il se dissimule, une économie socialisée où la fonction d’investissement devient une responsabilité publique, y compris par d’éventuelles nationalisations des secteurs clés de l’économie, seule cette orientation économique est capable d’assurer à la fois la culture des masses populaires, le plein emploi et l’élévation du niveau de vie.
Appelle les travailleurs du département à montrer leur volonté d’opposer au néo-capitalisme une force de libération et de promotion humaine, pour imposer un avenir de paix, de liberté et de bien-être.
le 14/01/2022 à 11:07
Source : Centre Presse
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