0563308/11/1963CHATELLERAULT
On nous prie d’insérer :
Le bureau de la section syndicale Force Ouvrière de la base d’Ingrandes, réuni le 4 novembre, a entendu un compte rendu des diverses délégations menées depuis deux semaines et a pris connaissance du développement de la situation.
Le bureau regrette que l’organisation syndicale ait été laissée à l’écart des contacts entre Pouvoirs publics et responsables américains. Il constate que si les délégués syndicaux avaient pu assister aux dites réunions, ils n’auraient pas manqué de poser un certain nombre de questions précises qui auraient largement aidé à éclaircir la situation. En l’absence – forcée - de réponses aux dites questions il n’est pas possible d’accepter sans réserves les informations données concernant le nombre des licenciements et leur échelonnement.
Le bureau se félicite de la compréhension dont ont fait montre les édiles de la région lors de la réunion de l’après-midi du 4 novembre et enregistre comme un acte tangible la constitution par eux d’un Comité de défense dont le but sera de promouvoir et appuyer toutes mesures susceptibles de limiter les conséquences, pour les salariés et la région, des mesures de licenciement décidées par les autorités américaines.
Il espère que le dit comité pourra se substituer en partie à l’organisation syndicale, les autorités américaines opposant à l’action de cette dernière, toutes les restrictions légales ou réglementaires existantes et lui interdisant pratiquement de remplir son rôle d’information et de défense du personnel.
Devant cette position américaine qu’il considère comme relevant purement et simplement de « l’entrave à l’exercice du droit syndical », le bureau décide de lui répondre par une intransigeance égale.
Il demande en particulier aux autorités françaises responsables de cesser de fermer les yeux sur les violations multiples et continues des lois sociales et d’insister au contraire pour que soient respectés les usages en vigueur dans le secteur privé comme cela était prévu dans l’article 1er du statut du personnel.
A titre d’exemple, il dénonce deux faits relevés – parmi d’autres – dans la seule semaine écoulée.
- Des femmes ont été astreintes à travailler 12 heures dans une même journée (et dans un service harassant nécessitant la station debout continue) alors que le code du travail interdit de dépasser 10 heures.
- Des salariés (qui n’appartiennent à aucun service continu, ni de sécurité, ni à l’hôtellerie) ont été astreints à travailler le jour de la Toussaint. A noter que pour 8 heures de travail, leur paie ne sera majorée que de 4 heures. On chercherait vainement pareil usage en France.
Le bureau de la section syndicale Force Ouvrière d’Ingrandes regrette quant à lui que l’intransigeance et l’incompréhension des autorités américaines du camp conduisent l’organisation syndicale à adopter une position qu’elle ne désirait absolument pas.
Elles espère encore que certaines pressions pourront s’exercer dans le but de normaliser les rapports. Elle est prête quant à elle à une collaboration franche à la condition toutefois que l’on veuille bien cesser de considérer le syndicat comme un « empêcheur de tourner en rond » qu’il conviendrait de brider au maximum.
le 17/01/2022 à 16:38
Source : Centre Presse
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