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0565103/12/1963CHATELLERAULT

AU SUJET DES LICENCIEMENTS DANS LES BASES ALLIÉES

Un communiqué « Force Ouvrière »

On nous communique :

La publication, sans commentaires par la CFTC, de la lettre adressée à nos organisations par M. le Préfet de la Vienne a donné lieu à des interprétations diverses, malheureusement en général erronées, de la part des salariés des bases.

D’où la nécessité de donner un certain nombre de précisions, ce que nous pouvons heureusement faire à la suite de l’entrevue que notre organisation a eu, le 20 novembre, avec M. Messmer, ministre des Armées et, à ce titre, responsable de la gestion du personnel des bases alliées.

Pour comprendre et interpréter de façon exacte la lettre de M. le Préfet de la Vienne, il convient de se souvenir que les Alliés, lors de l’entrevue qu’a eu avec eux le Syndicat national « Force Ouvrière », le 11 octobre dernier avaient fait savoir :
- que les personnels licenciés seraient avertis par tranche, trois mois à l’avance.
- que la notification du licenciement leur serait faite par les services de l’Intendance dans les délais légaux (c’est-à-dire, suivant le cas, 8 jours, un mois ou trois mois avant l’échéance fixée).
- mais que, dès communication de la liste, les salariés dont le licenciement serait décidé bénéficieraient de deux heures journalières de recherche d’emploi et qu’ils pourraient quitter leur emploi à tout moment sans pour cela perdre les droits attachés à leur licenciement.

C’est cette dernière disposition que les Alliés ont confirmée dans une lettre dont nous avons eu connaissance lors notre entrevue au Ministère. (A noter au passage que ladite lettre ne fait plus état, nous a-t-il semblé, du bénéfice des deux heures journalières de recherche d’emploi, lequel droit sera sans doute limité à la durée du préavis légal).

La lettre en question est probablement à la base des informations reçues et communiquées par M. le Préfet.

Au reçu de ladite lettre et avant d’en faire état, nous avons voulu savoir si les services intéressés à l’application de la mesure (Intendance et CPO) avaient reçu des textes d’application. Nous pouvons dire qu’il n’en est rien, ce qui est d’ailleurs excessivement grave dans certaines régions (telle la Charente Maritime) où les licenciements sont commencés.

« On comprendra à la lecture de ce qui précède, que l’organisation Force Ouvrière n’ai pas cru devoir, quant à elle, publier la lettre de M. le Préfet, non pas qu’il soit question de mettre en doute une information que nous connaissions déjà mais bien parce qu’il nous semblait prématuré de la diffuser aussi longtemps que des textes d’application ne seraient pas parus.

« Par ailleurs, cette disposition ne répond pas à nos véritables préoccupations, celles qui consistent à limiter au maximum les conséquences des mesures de licenciement en facilitant dès maintenant tous les reclassements possibles.

« Dans la conjoncture actuelle, ces reclassements seront presque toujours le résultat de contacts personnels. C’est pourquoi nous continuons à penser qu’il faut faciliter au maximum le départ de tous ceux qui trouvent un emploi. La solution retenue par les Alliés ne réserverait cette possibilité qu’à ceux qui seraient sur les listes de licenciement.

« De même la possibilité de suivre des stages de formation est également, en France, réservée aux salariés de moins de 45 ans. Certains salariés, trop âgés, ne pourront en bénéficier alors que certains de leurs camarades, non portés sur les listes, pourraient désirer les suivre.

« Notre position, celle à laquelle nous restons fermement attachés, est logique et réaliste. En plus elle ménage les intérêts de tous.

Nous la rappelons :
- Déterminer, sans délai, le nombre, par catégorie d’emploi, des postes de travail à supprimer ;
- Classer le personnel par catégorie d’emploi (sans qu’il soit forcément nécessaire de procéder à la compétition) ;
- Admettre que dans chaque catégorie d’emploi, et jusqu’à concurrence du nombre de postes à supprimer, les salariés qui démissionneraient volontairement conserveront leurs droits aux indemnités attachées aux licenciements.

Nous pensons que rien ne peut valablement s’opposer à ce que soit retenue notre solution et nous sommes prêts à en discuter avec toutes les parties intéressées.

Le jour où satisfaction nous aura été donnée (et encore à condition de faire vite), nous pourrons dire qu’un progrès aura été fait. Jusque-là, nous continuerons à nous déclarer insatisfaits.

Par contre, sur un autre plan, nous sommes heureux d’avoir appris lors de l’entrevue avec M. Messmer, que M. le Ministre du Travail avait pris la décision de donner son accord à la création de tous les fonds de chômage communaux dont l’ouverture serait justifiée par la présence de licenciés des Bases alliées.

Il nous reste à espérer que les Conseils municipaux des communes intéressées délibéreront favorablement, ce qui semble devoir, en définitive, être la seule solution véritablement requise.

 

 

le 24/01/2022 à 11:39

Source : Centre Presse

armée, personnel civil, licenciements, pouvoirs publics, chômage

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