0584003/12/1964POITERS
Grève générale le 11 décembre
Dans le cadre de la journée nationale revendicative, hier soir, les salariés des secteurs public et nationalisé, groupant les représentants des syndicats CGT, CFDT (CFTC), CGC, GNC, FEN, SNI, FGAAC et UNCM, au nombre de plusieurs centaines se sont rassemblés devant l’Hôtel de ville, sous les banderoles pour manifester.
En cortège, en tête duquel on notait la présence de MM. Laumont (UD CGT), Girard (UD CFDT), Chaumin (FEN), Bibault (SNI), Brossard (UD CGC), les fonctionnaires, les cheminots, agents des PTT, EDF-GDF, Banque de France, Finances, Enseignants ont défilé rue Victor-Hugo jusqu’à la Préfecture où une délégation fut reçue par M. Jaffrezou, directeur du cabinet du Préfet de région. Une résolution commune, dont le texte avait été lu place Leclerc, fut ensuite remise au Sous-Préfet.
Texte de la résolution
Les salariés des secteurs public et nationalisé en manifestant, ce 2 décembre 1964, se félicitent de cette première action de l’ensemble des syndicats intéressés et de la coordination qui s’est créée pour engager la lutte afin d’obliger le pouvoir à prendre en considération les préoccupations des travailleurs, à savoir :
- retour à la libre discussion pour la fixation des rémunérations ;
- revalorisation des traitements, retraites et pensions ;
- amélioration des conditions de travail.
Un examen de la situation salariale dans ces secteurs permet de constater un retard important des rémunérations et salaires en référence à l’évolution du coût de la vie. Ce retard incombe au gouvernement qui se refuse à respecter les dispositions statutaires ou contractuelles et ses propres engagements et qui entend fixer par sa politique un niveau de salaires, permettant ou justifiant le succès de son plan dit de stabilisation dont seuls les salariés et les travailleurs supportent les frais.
Le rapport TOUTEE et la Commission Grégoire n’ont été qu’une nouvelle machination gouvernementale pour éviter les discussions, elles avaient pour but de confirmer l’orientation de la politique du gouvernement en matière salariale.
Un des aspects de cette politique gouvernementale est l’introduction de la notion de masse salariale qui, d’une part, vise à vider les statuts ou les conventions de leur contenu et, d’autre part, à créer les conditions d’une opposition entre catégories pour la répartition de cette masse.
Le niveau des traitements et salaires ne saurait être fixé une fois pour toutes par la détermination du montant d’une masse salariale.
La position de l’ensemble des Fédérations syndicales a fait échec à ses tentatives et l’action qui débute aujourd’hui, 2 décembre 1964, s’inscrit dans une série d’actions coordonnées progressives et continues rendues nécessaires par la résistance gouvernementale.
Après cette manifestation d’aujourd’hui, les salariés des secteurs public et nationalisé s’engagent à mener d’autres actions, en particulier la grève du 24 au 11 décembre 1964.
CGT, CFDT (CFTC), GNC, FEN, SNI des secteurs publics et nationalisés.
le 14/02/2022 à 17:57
Source : Centre Presse
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