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0595403/06/1965CHATELLERAULT

LA SITUATION DANS LES BASES ALLIÉES

La section départementale du Syndicat national Force Ouvrière du personnel des Bases et installations alliées en France nous communique avec « prière d’insérer » :

Le bureau national de notre syndicat vient de faire parvenir au Premier ministre la lettre ci-dessous :

« Nous avons l’honneur de soumettre à votre haute autorité un problème pour nous très important dont la solution éventuelle ne peut guère être espérée en l’absence d’une intervention de votre part.

« Notre organisation syndicale représente 15.000 salariés français travaillant sur les Bases Alliées de France. Notre sort est réglé par un statut pris en application des accords de Londres, lesquels prévoient que le personnel bénéficiera des conditions d’emploi et de salaires appliquées dans l’industrie privée du pays de séjour.

« Ce statut a prévu que les modifications (salaires ou autres) se feraient « avec l’accord des Forces Alliées » membre de phrase que les Alliés interprètent comme un véritable droit de veto.

« Le résultat en est que les revendications très importantes telles que la revalorisation des indemnités de licenciement et des salaires qui ont reçu l’accord des services français intéressés (M. Messmer, ministre des Armées, en particulier) n’ont pu recevoir de solution de par l’opposition des Alliés et tout particulièrement des négociateurs américains. Ces derniers, en réponse à une intervention de notre part, mettant l’accent sur le fait que cette opposition nous semblait en contradiction avec les engagements pris par les accords de Londres, nous ont répondu « qu’il n’était pas question pour eux de se voir imposer quoi que ce soit par un Gouvernement étranger » (le vôtre en l’occurrence).

« L’argument peut facilement être retourné. En effet, notre employeur légal étant M. le Ministre des Armées, il nous semble aussi inadmissible que ces décisions soient conditionnées par l’accord du gouvernement américain ou de ses représentants.

« Malheureusement, la rédaction du Statut a pratiquement enlevé tout caractère paritaire aux négociations entre services français et alliés, d’où, à notre avis, l’obligation de prévoir un arbitrage en cas de désaccord persistant, ce qui est le cas depuis bientôt deux ans pour certains problèmes.

« Un pareil aménagement du Statut ne peut relever que des Gouvernements intéressés, d’où la liberté que nous avons prise de vous saisir de notre problème.

« Nous espérons que vous jugerez comme nous que le comportement des représentant alliés ne peut être accepté plus longtemps et que vous voudrez bien promouvoir toute action qui nous paraîtra susceptible de donner aux négociations un caractère vraiment compatible avec l’indépendance, maintes fois affirmée, de notre pays ».

 

 

le 28/02/2022 à 15:14

Source : Centre Presse

armée, personnel civil, licenciements, pouvoirs publics

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