« Retour

0603324/02/1966POITIERS

GRÈVE DANS LE SECTEUR PUBLIC

Perturbations dans le courrier et dans le trafic ferroviaire prévues aujourd’hui

La première phase de l’action décidée par les syndicats CGT et CFDT a commencé, dès mercredi matin, à Poitiers, dans les secteurs public et nationalisé.

Du 24 au 27, les cheminots, les employés du gaz et de l’EDF et les postiers sont invités à participer à diverses manifestations.

Le public risque de subir les répercussions de ces mots d’ordre en ce qui concerne la distribution et l’acheminement du courrier et le 24 pour les services des chèques postaux.

A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 27, les agents de conduite CGT de la SNCF observeraient par équipes, des arrêts de travail de vingt-quatre heures.

Dans les PTT, outre les manifestations du 24, sont prévus des mouvements dans les services techniques le 25 et dans certains autres services le 26.

A l’EDF, les syndicats organiseraient des réunions et des démarches auprès des directions locales.

Chez les postiers

A l’appel de la CGT et de la CFDT, les préposés, les préposés conducteurs, les préposés chefs ont tenu mercredi après-midi, une réunion où ils ont préconisé la grève pour aujourd’hui.

« Cette grève a été décidée pour imposer, selon une résolution, le reclassement indiciaire, la semaine en cinq jours, l’amélioration des conditions de travail et la revalorisation des indemnités ».

La résolution des PTT poursuit :

« Ce n’est que par nos actions que nous avons obtenu : en 1962, des mesures améliorant le classement indiciaire de nos catégories, modification du recrutement des préposés spécialisés, maintenant c’est l’ancienneté, l’amélioration du chevron ; en juillet et en août 1959, nous avons imposé la suppression de la distribution le samedi après-midi, après cinq grèves.

« Ces changements, qui ont été bénéfiques pour des milliers de camarades, sont les résultats de nos actions et démontrent que, seules, les luttes unies permettent d’imposer des satisfactions à nos revendications.

« Les promesses faites doivent être tenues, le moment est venu où le reclassement de nos catégories doit être fait… Depuis 1957, nous attendons la « fusion ».

« Le Ministre des PTT refuse d’instaurer la semaine en cinq jours – avec deux jours de repos consécutifs – dans nos services, alors que celle-ci va être inaugurée le 1er mars prochain dans tous les ministères.

« Il refuse également la création de la prime de froid que nous revendiquons pour tous, de la prime de panier aux ruraux, ainsi que la revalorisation substantielle de toutes nos indemnités.

« Il faut en finir avec une telle intransigeance.

« La grève du 24 février a pour objet non seulement de rappeler fortement nos revendications en matière de reclassement, mais encore de faire prévaloir nos exigences concernant la durée et les conditions de travail ».

Voici le programme qui, au cours de la réunion, présidée par MM. Jean-Pierre Ardouin (CGT) et R. Bourdin (CFDT), a été mis au point par l’assistance :

Les postiers appartenant aux organisations syndicales CGT et CFDT seront tous en grève :
Jeudi 24 février : les personnels de la distribution postale et télégraphique, de l’acheminement et les chauffeurs postiers.
Vendredi 25 février : Les personnels des lignes aériennes et souterraines, dessin, garages et ateliers, ouvriers d’État.
Samedi 26 février : Les agents des bureaux mixtes, des centres téléphoniques et des services financiers, CNE, comptabilité postale et téléphonique, C.R.M.T.

A la SNCF

Aujourd’hui le personnel roulant de la SNCF, qui poursuivra son action jusqu’au 27, déposera une résolution et pratiquera la grève par roulement. On peut s’attendre à des perturbations dans le service ferroviaire marchandises notamment. Le trafic voyageurs n’apparaît pas devoir être touché.

Une résolution de l’EDF

On nous communique :

« Les organisations syndicales CGT, GNC, CFDT s’élèvent contre les décisions prises par le gouvernement qui, par ses directives données à M. Grégoire, se refuse à ce que soit établi un véritable dossier constatant la situation réelle des salaires à l’EDF – GDF.

« Ce refus se place dans le cadre de la politique antisociale du gouvernement qui s’oppose à de véritables négociations sur les principales revendications des travailleurs et notamment celles concernant le contentieux sur les salaires pour les années antérieures à 1966 et l’augmentation du pouvoir d’achat de 4 % minimum par an.

« Les éléments statistiques qui ont été montrés visaient à faire officialiser une évolution de la masse salariale de 5,60 % au titre de l’année 1965, alors qu’en réalité, c’est à 2,93 % que se chiffre la revalorisation du salaire de base pour 1965.

« Les organisations syndicales renouvellent l’intention formelle qu’elles n’ont jamais cesser d’exprimer, de voir rétablir les droits de l’ensemble du personnel en matière de rémunération par la fixation d’un véritable salaire national de base – celle-ci se reposant sur l’application stricte d’une décision contractuelle en date de janvier 1960.

« L’article 9, fondement de notre statut national en matière de rémunération, oblige le Directeur général d’Électricité de France à fixer le salaire de base par voie d’accord avec les fédérations syndicales les plus représentatives et la procédure Toutée a été conçue spécialement pour le rendre inopérant.

CGT-GNC, Rochais Ramel ; CFDT, Deguille Fougeray

 

 

le 07/03/2022 à 18:27

Source : Centre Presse

PTT, cheminots, électricité, perturbations

« Retour

Espace Militants v0.3 - UD CGT 86 - http://cgt-ud86.org

Site UD 86 - Espace militants - Espace formation