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0619212/12/1966CHAUVIGNY

LE 44e CONGRÈS DÉPARTEMENTAL DE LA CGT

S’est tenu samedi et dimanche à Chauvigny

Le Congrès départemental des Syndicats CGT de la Vienne s’est tenu au cours de deux journées d’assises à Chauvigny où la salle de l’Hôtel de ville faisait office de salle de travail.

Cent onze personnes représentant quarante-neuf sections locales, étaient présentes samedi matin à l’ouverture du Congrès qui se fit à 8 h. 30 après la réception des délégués et se décomposait comme suit : 70 ouvriers, 26 fonctionnaires, 10 cheminots et 5 travailleurs d’État.

La séance de travail de samedi

Les congressistes passèrent à l’élection du bureau de séance dont la présidence fut confiée à M. Augras, secrétaire de l’Union locale de Châtellerault, ayant à ses côtés Mme Simone Bouillot, membre de la Commission nationale de la CGT ; Mlle Micheline Leclerc, du syndicat des agents de l’éducation nationale ; Pierre Goupy, employé des PTT ; Laumont, secrétaire départemental ; Gérard Collet, président de la Sécurité sociale ; Habert, secrétaire du groupement départemental de la métallurgie et Fernande Civray, représentant les hospitaliers.

Le rapport d’ouverture

M. Laumont, secrétaire départemental fit le point de la situation économique dans le département, soulignant la disparition d’un nombre important de petites entreprises, 544 en quatre ans, malgré une augmentation des ouvriers et employés, notamment au sein des grosses entreprises.

La situation salariale retint longuement l’attention du rapporteur qui fit remarquer qu’au 1er juillet 1966, 53 pour 100 des employés de l’industrie et du commerce gagnaient moins de 580 francs par mois.

M. Laumont rappela ensuite les luttes des travailleurs de la Vienne pour l’aboutissement de leurs revendications et la reconnaissance du bien-fondé de leurs prétentions. La paix au Vietnam, la défense des libertés syndicales et la discrimination des salaires dont souffre le personnel féminin payé moins cher à travail égal, furent évoqués.

M. Laumont insista sur ce dernier chapitre, soulignant qu’il fallait donner aux femmes les moyens de travailler en multipliant les crèches et écoles maternelles à temps complet.

Le rapport financier

Il fut présenté par M. Goussaud qui fit état des chiffres concernant recettes et dépenses laissant voir une gestion saine.

Le trésorier devait cependant faire remarquer que la situation financière se trouverait améliorée si le nombre d’adhérents augmentait, augmentation qui, selon M. Goupy, responsable des problèmes d’organisation, devrait atteindre le chiffre de 1.000.

Les interventions

Puis vint le moment des interventions. Elles furent nombreuses.
- M. Augras intervint sur l’historique du mouvement syndical à Chauvigny.
- M. Servalles, des Cheminots de Châtellerault, sur les problèmes de l’emploi qui se posent avec acuité dans cette ville.
- M. Decarpentrie, des PTT, sur l’éducation syndicale.
- M. Bertin sur les problèmes des travailleurs des coopératives.
- M. Goussaud, trésorier, sur les problèmes de trésorerie.
- M. Lecomte, sur la situation des syndicats dans le Loudunnais, région très défavorisée au chapitre de l’emploi et des salaires.
- M. Dupuis, de Civray, sur les problèmes d’organisation.
- M. Lecoffre, des Cheminots de Poitiers, intervint sur le démembrement de la SNCF, sur la suppression de certaines lignes secondaires qui voue à l’isolement certaines communes. La SNCF abandonnant par cette suppression, son rôle de service public. M. Lecoffre parla aussi de la paix au Vietnam, signalant que quatre cents lettres étaient parvenues à l’ambassade américaine à Paris.
- M. Germon, du syndicat des Indirectes ; intervint sur les problèmes de la fiscalité, soulignant l’anti-démocratie du système actuel d’imposition, demandant ensuite que le Congrès adopte une motion sur un programme commun de l’Union de la Gauche pour les élections législatives.
- M. Goupy aborda les problèmes d’organisation, souligna la nécessité de contacter un millier d’adhérents nouveaux.
- M. Sarrazin traita de la recherche scientifique et des nombreux problèmes qui s’y rattachent.
- M. Habert, des travailleurs de la météorologie, demanda qu’une véritable convention collective concernant ces travailleurs leur soit appliquée dans le département.
- M. Bobin sur les problèmes d’Union locale et des libertés syndicales
- Mme Micheline sur la discrimination des salaires féminins.
- M. Collet, enfin, pour clore ce chapitre des interventions, parla des problèmes de la Sécurité sociale.

L’élection des Commissions

Cinq commissions de travail furent ensuite élues, composées de huit à quinze membres et placées sous la responsabilité de :
• Commission de la jeunesse : J.-P. Goussaut et M. Rabotin.
• Commission des femmes : Fernande Civray et Gisèle Laumont.
• Commission de la propagande : Maurice Lestage et Suzanne Miot.
• Commission des programmes et résolutions : Armand Leclerc et Serge Sarrazin.
• Commission d’organisation : Pierre Goupy.

Ces commissions devaient siéger tout l’après-midi afin de préparer les motions et résolutions qui seront rendues publiques dans la semaine.

La séance du dimanche

Dimanche matin, les congressistes reprenaient place dans la salle des fêtes pour entendre le rapport des différentes commissions élues la veille. Puis eut lieu l’élection de la Commission exécutive, laquelle devait elle-même élire le bureau départemental qui est composé comme suit :
Secrétaire général : André Laumont.
Secrétaire organisation : Pierre Goupy.
Secrétaire programme et organisation : Armand Leclerc.
Secrétaire propagande : Lestage (EDF, Poitiers).
Trésorier départemental : Jean-Pierre Goussaud.
Membres : Augras, Tabuteau, Gérard Collet, Blusseau, Fernande Civray, Serge Pérot et Jean-Paul Habert.

Mme Simone Bouillot

A la clôture du Congrès, Mme Simone Bouillot, membre de la Commission administrative de la CGT, constatait la richesse des travaux du Congrès et leur portée.

Mme Bouillot devait ensuite traiter de quatre points : la paix au Vietnam, les questions économiques ; le troisième point était dévolu à l’unité et ce qui lui est bénéfique : accord confédéral CGT – CFDT, appréciée par les travailleurs et autres couches de la population.

Mme Bouillot étudiait les points qui séparent les organisations FO et FEN de la CGT et de la CFDT « points facilement surmontables, notamment par la décision prise récemment de s’adresser à ces organisations ».

L’orateur soulignait ensuite la progression de l’unité ouvrière, unité indispensable pour poursuivre les revendications.

Le quatrième point abordé soulignait les problèmes d’organisation et les progrès réalisés dans la Vienne, ainsi que la diffusion de la presse.

A l’issue de ce Congrès, dont les conclusions seront publiées ultérieurement sous forme de motions et résolutions, un repas amical réunissait les participants au restaurant Guillard, place du Bourg.

Les sujets traités

Au cours de leur Congrès, les membres de la CGT se sont concentrés sur les problèmes aussi multiples qui difficiles qui entourent le monde ouvrier.

Les travaux devaient porter sur les revendications immédiates et générales des travailleurs, sur les salaires qui ne devraient pas être inférieurs à 600 francs par mois ou 3 fr 04 de l’heure, sur les mesures restrictives arbitraires conditionnant l’attribution des primes, sur les Conventions collectives, sur la durée du travail, les conditions de travail, les accidents du travail, l’hygiène et la prévention, la Sécurité sociale, les conditions de vie, les loisirs, les libertés syndicale et démocratiques.

Photo : L’assemblée de l’Union départementale CGT en séance de travail, suit l’exposé de Mme Bouillot

 

 

le 19/04/2022 à 10:39

Source : Centre Presse

congrès, bureau

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