0628308/03/1967POITIERS
Les UD de la Vienne, CGT, FO, CFDT et la Section départementale de la FEN, au cours de leur réunion commune du 22-2-67, après avoir constaté l’identité de leur appréciation sur les abattements de zones et le préjudice financier que subissent les travailleurs de notre département, ont décidé de soumettre à M. le Préfet l’essentiel de leurs constatations.
Reçues vendredi 3 mars par M. le Préfet, elles ont développé pour l’essentiel les grands thèmes suivants :
Rien, dans les conditions actuelles de vie ne justifie plus les abattements de zones instituées par le régime de Vichy et c’est la raison pour laquelle M. le Ministre du Travail résumant ainsi l’opinion générale, pouvait dire le 17-4-64 : « Les arguments qui militent pour la suppression des zones ont été exposées si souvent devant notre assemblée qu’il paraît inutile d’y revenir. On peut les résumer ainsi : la vie en province devient aussi chère que dans les grandes villes ».
Ajoutons seulement que l’engagement gouvernemental de réduction progressive des abattements et suppression au cours de la présente législature figure dans de nombreux textes officiels comme par exemple dans le Bulletin Officiel du 21-11-63. Force est bien de constater que non seulement cet engagement n’a pas été tenu mais encore que le dernier train de mesures en cette matière s’est traduit par une mini-mesure absolument dérisoire portant sur le seul SMIG qui passe dans notre département de la zone 6 à 5 %.
Il n’est que trop facile de chiffrer après cette décision les pertes subies par les différentes catégories de travailleurs.
Sur la base de 200 h., dont 173 au tarif normal : 240,50 F par an, un super impôt s’applique ainsi aux salariés les plus défavorisés dans l’échelle sociale. Encore faut-il remarquer que l’abattement réel subit par les salariés qui ne sont pas indexés sur le SMIG, représente un pourcentage encore plus élevé.
A ce super-impôt déjà fort lourd, les chefs de famille doivent en ajouter un autre qui touche les prestations familiales et qui atteint pour une famille de trois enfants de 10 à 15 ans, 424,34 F dans la zone 5 % si l’on comprend dans ce chiffre la perte subie sur le salaire unique.
Enfin les fonctionnaires subissent un préjudice particulier qui s’applique sur une portion de leur traitement : l’indemnité de résidence. Les abattements qui frappent cette indemnité sont extrêmement importants, ainsi un fonctionnaire moyen d’indice 331 en exercice sur un poste rural de notre département perd annuellement 1.115, 88F.
Ces chiffres, qui n’ont d’autre ambition que d’être des repères, permettent cependant de justifier amplement la volonté des travailleurs de ce département de ne plus accepter d’être les victimes d’une pareille iniquité. C’est pourquoi, conscients de la justesse de leur cause, ils veulent à nouveau aujourd’hui attirer l’attention des Pouvoirs publics sur un problème qui, si les promesses faites avaient été tenues, ne devrait plus se poser.
Les organisations signataires attirent aussi l’attention des Pouvoirs publics sur les conséquences directes et indirectes des abattements de zone : accélération de l’exode rural, chômage partiel et total en augmentation, ralentissement du commerce local à cause du niveau de vie amputé de disponibilités importantes.
Dans les conditions présentes il n’est plus qu’une seule mesure de justice qui puisse s’appliquer : c’est la suppression pure et simple de tous les abattements de zones, tant ceux sur le SMIG que ceux sur les prestations familiales et l’indemnité de résidence. La situation que nous subissons devient chaque jour plus intolérable : les travailleurs sont fermement décidés à obtenir que les promesses qui leur ont été faites soient enfin tenues.
le 11/05/2022 à 15:51
Source : Centre Presse
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