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0752829/05/1971POITIERS

UNE CHARGE TRÈS SÉVÈRES DES HOSPITALIERS CGT

Qui dénoncent des « carences » et des « insuffisances »

Les intérêts des agents hospitaliers et des malades sont indissolublement liés. C’est le postulat posé par le Syndicat CGT du personnel des hôpitaux de Poitiers, en prélude à l’exposé des revendications. Ce syndicat local, qui compte environ 500 adhérents est numériquement le plus important dans son secteur social. Ses effectifs se composent de 95 % de jeunes.

La conférence de presse tenue hier après-midi marquait la conclusion de la semaine d’action menée sur le plan professionnel d’une part, national d’autre part. La veille, une assemblée générale avait permis de dresser le bilan de cette action.

« L’hôpital public doit être au service du public, de l’ensemble des travailleurs. S’il ne joue pas ce rôle, il faut en rechercher les causes dans les carences des pouvoirs publics et du gouvernement. La part de la Santé sur le budget national est d’environ 3 % » estiment les hospitaliers cégétistes. Car, expliquent-ils « c’est l’insuffisance de crédits qui entraine l’insuffisance d’un personnel qualifié, d’où une insécurité de soins pour le malade ».

Selon les syndicalistes CGT « la réforme hospitalière récemment votée par l’assemblée nationale va porter un coup terrible au secteur public. Son contenu comporte les notions de rentabilité et de privatisation ».

Témoignages

L’objet principal de la conférence de presse était de témoigner de ces « points noirs » dans le secteur hospitalier poitevin.

« A la maternité (Hôtel-Dieu), depuis la grève des patrons des cliniques privées, on a ajouté 15 lits aux 32 prévus ; le personnel est resté le même ; et les petites catégories sont les plus atteintes par le surcroît de travail » notent les syndicalistes. Ils évoquent les conditions de travail « déplorables » de l’économat : locaux vétustes, personnel insuffisant.

A la Milétrie, indiquent les porte-parole de la CGT, le service des convalescents est complet : 98 lits, 98 malades. Or, si les effectifs normaux sont de six infirmières, trois sont en congé (maternité et maladie) et ne sont pas remplacées durant leur absence. Et c’est ce service, où sont hospitalisés des cardiaques, qui nécessite des soins intensifs et constants ».

La hantise d’un drame

Le drame de Clermont-Ferrand (18 morts) hante le personnel : « Le service pédiatrie (Hôtel-Dieu), situé entre la boucherie et la morgue, est logé dans des locaux délabrés ; son personnel est insuffisant. Les normes d’hygiène et de sécurité ne sont pas vraiment respectées ».

Et ajoutent les syndicalistes : « En chirurgie, les locaux ne correspondent plus aux besoins actuels. Il y a surcharge. On met quatre lits dans des chambres prévues pour deux. Il faudrait doubler la capacité du pavillon. Dans le même temps, deux ailes de bâtiment, soit quatre salles sont fermées depuis le dernier été. Pourquoi ? ».

Les cégétistes constatent aussi que « des travaux inscrits au 5e Plan - tel un pavillon de 971 lits à la Milétrie - ne seront pas achevés à la fin du 6e Plan ».

L’hôpital modèle 1890

« L’hôpital Pasteur, style hospice, c’est l’hôpital de 1890 » assurent les responsables syndicaux. Ils en relèvent « la situation alarmante : conditions de travail difficiles, effectifs insuffisants, vétusté des sanitaires et vestiaires (tant pour le personnel que pour les malades) ».

Une militante précise : « Pensez, le personnel doit se déshabiller dans les couloirs ».

Les cégétistes poursuivent :

« Le service des arriérés profonds (30 lits), est dépourvu d’hygiène et de sécurité. Le local n’a même pas une issue de secours. Mais le centre inauguré par M. Boulin en octobre dernier à la Milétrie, n’est toujours pas ouvert ». Les syndicalistes mentionnent aussi l’insuffisance du nombre de médecins.

42 malades sur 20 m2

Selon les responsables du syndicat, la situation n'est pas meilleure - loin de là - à l’Hôpital de Châlons (annexe du centre psychothérapique de la Vienne). « Dans un local de 20 mètres carrés, on a hospitalisé 42 malades ; il s’agit du service des arriérés profonds ». Ici aussi, ils constatent une insuffisance d’effectifs et de moyens.

« On ne nous donne pas les outils de notre travail » estime un militant.

En conclusion, les leaders syndicaux cégétistes appellent tous les hospitaliers à participer massivement, le 4 Juin, à la grève de la Fonction publique pour : l’amélioration des salaires et l’ouverture de négociations réelles concernant la convention salariale (refusée dans sa première forme le 10 mars dernier par l’ensemble des organisations syndicales de la Fonction publique).

 

 

le 11/10/2022 à 07:50

Source : Centre Presse

protestation, conférence, locaux, effectifs

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