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0756514/06/1971POITIERS

LE CONGRÈS DE L'UD CFDT DE LA VIENNE

M. Laurent Lucas, leader national de la CFDT au congrès de la Vienne : « Qu’on ne s’étonne donc pas demain si des actions se développent avec une vigueur accrue »

Le président national désigné de la CFDT, M. Laurent Lucas, a présidé hier à Poitiers les travaux du congrès départemental de l’Union départementale de la Vienne de sa centrale syndicale. Le matin, les congressistes ont formé plusieurs commissions, dont les conclusions ont été présentées l’après-midi et reprises dans la motion finale. Dans une prochaine édition nous publierons la teneur de cette motion, votée à l’unanimité. Des représentants nantais de l’Amicale des Travailleurs Algériens participaient au congrès, et un représentant de la CGT a pris la parole lors de la séance plénière.

La grève des cheminots ; les positions de la CGC (cadres) et divers problèmes syndicaux et politiques ont été abordés par M. Lucas dans son allocution de clôture, prononcée salle de l'Auberge de Jeunesse de Poitiers.

Auparavant, M. Jallais (Union départementale CGT), invité du congrès, avait apporté le salut fraternel de son organisation et prôné « l’unité, clé des succès de la classe ouvrière ». Puis M. Vidal, secrétaire départemental de la CFDT, avait présenté la motion de synthèse.

La grève des cheminots

En substance, le nouveau président national de la CFDT a notamment déclaré :

« La grève actuelle des cheminots démontre, une fois de plus, combien les travailleurs sont attachés à la défense de leur pouvoir d’achat.

Et ce ne sont pas les recommandations, voire les mises en garde, du ministre des Finances ou du Premier ministre qui sont de nature à modifier leur volonté, bien au contraire.

Il est trop facile de faire apparaître le spectre de l’inflation à chaque fois que les prix augmentent, alors que le gouvernement s’avère incapable de prendre les moyens de maîtriser cette hausse.

En tout état de cause, la CFDT affirme fermement que les travailleurs et leurs familles n’ont pas à faire les frais d’une politique orientée vers le développement des profits capitalistes, politique confirmée par les options du VIme Plan.

Il faut aussi voir à travers cette grève des cheminots, l’inquiétude des travailleurs sur leur devenir devant les conséquences des transformations et modernisations des entreprises sur leurs conditions de travail.

Après Renault et de nombreux secteurs ces dernières semaines, les cheminots aujourd’hui marquent clairement la volonté des travailleurs de ne pas subir passivement les conséquences de transformations qui ne tiendraient pas compte en priorité et avant toute décision du sort des personnes et de leurs conditions de vie et de travail.

Pour cela, il faut discuter et négocier. Dans ce domaine comme dans les autres, la CFDT réclame des négociations véritables, qui ne soient pas la mise devant le fait accompli.

Elle vient à nouveau d’intervenir avec la CGT pour que sur les retraites, confédérations de salariés, pouvoirs publics et patronat abordent les problèmes au fond et dans leur ensemble dans une négociation tripartite.

Si gouvernement et patronat persistaient dans un refus, qu’on ne s’étonne pas demain que les actions qui se sont déroulées ces dernières semaines se développent dans l’avenir avec une vigueur accrue ».

CFDT et CGC

A propos du problème des cadres, M. Lucas a critiqué les positions de la CGC et de son président :

« Il y en a assez d’entendre dire que la CFDT est une organisation anti-cadres. Si du côté de la CGC on continue, on ira plus loin, et il faudra bien que l’on s’explique publiquement ».

Pour le leader de la Confédération française démocratique du travail, « les cadres sont de la classe ouvrière, et il n’est pas question de séparer les revendications des catégories sociales de salariés ».

Evoquant les cas de séquestration de cadres dans des actions des luttes syndicales, M. Lucas a d’abord affirmé que « le président de la CGC doit être un peu dur de la feuille ». Et il a poursuivi : « Ces manifestations parfois violentes, il faut en chercher les responsables » avant de définir : « L’adversaire : le patron, le capitaliste ».

La politique des travailleurs

Au sujet de l’unité d'action, M. Lucas a estimé qu’elle ne doit pas être à sens unique ». Se prononçant contre le pluralisme syndical, « pas une fin en soi, mais situation donnée », il a regretté que « ce débat ne puisse être engagé avec nos camarades de FO », souhaitant dans l’avenir « plus de réalisme » de la part de cette centrale.

Partisan d’une société socialiste, M. Lucas a noté que cette transformation ne sera pas le fait de la CFDT seule, ni du syndicalisme ouvrier seul.

M. Lucas a poursuivi : « On dit que la plupart de nos revendications ont un contenu politique. Mais qui, des organisations syndicales ou du gouvernement les politise ?

Nous contestons le VIme Plan, si c’est de la politique, c’est de la bonne politique, et nous continuerons à en faire ; c’est la politique des travailleurs ».

Par deux fois, à l’issue de l’intervention du président national de la CFDT plusieurs congressistes ont entonné l’« Internationale » ; certains ont rythmé sur les tables les notes du slogan : « Ce n’est qu’un début, continuons le combat ».

 

le 15/10/2022 à 15:21

Source : Centre Presse

congrès, unité

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