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0785316/06/1972POITIERS

LE SYNDICAT CGT DES AGENTS HOSPITALIERS : « COMMENT ALLONS-NOUS POUVOIR SOIGNER LES BLESSÉS CET ÉTÉ ? »

Manque de personnel qualifié, conditions de travail nettement insuffisantes. Deux revendications presque classiques. Mais lorsque c’est le secteur hospitalier public qui souffre de ce double malaise, cela devient plus que grave, car ce sont les malades qui en font les frais. A en croire les syndicalistes CGT de la profession hospitalière, à Poitiers on en est là. Au cours d’une conférence de presse, le syndicat cégétiste des agents hospitaliers a présenté les conditions de vie des personnes « pensionnaires » des hôpitaux et exposé les difficultés du travail du personnel. En termes pessimistes, étayés par des chiffres et des faits, ponctués d’anecdotes révélatrices. Ainsi cet aide-soignant qui lâche cette confidence pour le moins surprenante : “ Moi, l’hôpital je sais ce que c’est puisque j’y travaille. Aussi lorsqu’il a fallu faire soigner mon gosse, je l’ai mis en clinique”.

« Surtout, ne soyez pas victime d’un accident cet été, surtout un samedi ! », disent les syndicalistes. Car, affirment-ils, le service des urgences de l’Hôtel-Dieu ne comptera pas plus de cinq infirmières diplômées. Ils demandent alors :

« En cette période de rush routier, avec la proximité de l’important axe Poitiers-Châtellerault, dans quelles conditions va-t-on soigner les blessés ? ».

Selon le syndicat CGT, le Centre hospitalier régional de Poitiers emploie actuellement 7 à 800 auxiliaires. Il faut y ajouter 40 contractuels embauchés en juin et 150 qui le seront en juillet. « Des gens dont la bonne volonté et le dévouement ne sont pas en cause et souvent aptes à la profession, mais sans aucune formation. Une heure après leur entrée ils sont mis sur le tas. Sans préparation. Il faut qu’ils se débrouillent. En secteur psychiatrique c’est particulièrement grave de mettre ainsi en contact des malades et des gens ne connaissant rien au métier ».

Les syndicalistes remarquent aussi qu’en service de chirurgie, l’an passé, les chambres à deux lits en contenaient trois, et cette année cinq !

« L’hôpital de 1890 »

« Pasteur, c’est toujours l’hôpital version 1890 », affirme un des membres du personnel de cet établissement. Il reconnaît qu’il existe deux services modernes. Mais, dit-il, « c’est pour camoufler la misère des autres secteurs ».

Un de ses collègues, travaillant à l’hôpital de Chalons, assure : « Nous, la nuit, nous sommes coupés de tout. Il y a cinq cents malades et pas un médecin. Il faut joindre l’interne de garde par téléphone, en passant par plusieurs postes. Avec la meilleure bonne volonté, il ne peut être sur place qu’une heure après le premier appel. En cas d’urgence, je crois qu’il faudra appeler un médecin particulier en ville. S’il le faut pour sauver une vie, j’en prendrai la responsabilité ».

Quant au Centre de la Milétrie, pour 1.050 lits, il y a plus de 1.150 malades, notent les syndicalistes. Ils précisent que dans ce service aussi, les infirmiers diplômés font cruellement défaut : « Selon les normes officielles, il devrait y avoir cinq infirmiers diplômés ou élèves pour dix malades. Ici, on en dénombre moins de trois ».

Le parc d’ambulances - pour un total de 3.000 lits - comporte quatre véhicules. Ce qui explique, selon les cégétistes, le recours de plus en plus fréquent aux ambulances privées.

« Infirmiers au rabais »

Car, selon les cégétistes, dans le secteur hospitalier, « les secteurs rentables, comme le service ambulancier, les secteurs de maternité et la petite chirurgie sont abandonnés à une exploitation privée, alors que le secteur public - donc la collectivité - supporte la charge des soins spécialisés, coûteux, exigeant un matériel de haute technicité ».

La CGT chiffre à 2.500 le nombre d’hospitaliers en service à Poitiers. Dont plus d’un millier rémunérés avec un salaire mensuel inférieur à 1.000 F. Et de qui l’on exige beaucoup. Pour les syndicalistes CGT « Poitiers a un secteur hospitalier qui comprend d’excellents médecins, mais qui se classe en dernier sur le plan régional pour la qualification du personnel ; on y fait et on y emploie des infirmiers au rabais ».

 

 

le 27/11/2022 à 19:15

Source : Centre Presse

communiqué, effectifs, conditions de travail

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