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0857912/10/1974POITIERS

OUDIN : DÉPÔT DE BILAN

230 familles poitevines dans l’angoisse
Le tribunal de Commerce sera saisi lundi

Cette fois, c’est le drame à Chasseneuil-du-Poitou. L’entreprise Oudin, spécialisée dans la fabrication de matériel de levage pour le bâtiment et les travaux publics, déposera son bilan lundi prochain.

La décision de la direction a été annoncée aux 230 employés, jeudi soir.

C’est la première et désolante conclusion d’un malaise qui avait contraint l’entreprise, il y a quinze jours, à réduire à 32 heures le travail hebdomadaire. De Ce fait, l’usine était hier fermée.

Rouvrira-t-elle lundi matin ? C’est la question qui se pose à présent.

Il appartient désormais au Tribunal de Commerce de Poitiers - qui sera saisi de l’affaire lundi - de se prononcer. Il pourra décider la nomination d’un syndic pour le règlement financier ou la liquidation.

Une chose reste certaine, les employés toucheront normalement leur salaire lundi matin. Après, il faudra attendre.

L'émotion est donc très grande dans les deux cent trente familles qui risquent d’être directement touchées.

Le syndicat CGT de l'entreprise nous a remis un communiqué dans lequel les travailleurs disent leurs inquiétudes et posent leurs revendications tout en accusant « les patrons et le gouvernement de se retrancher derrière cette fameuse conjoncture pour ne rien faire et réduire les travailleurs au chômage ».

« Nous avons tout tenté »Dans ce communiqué, ils s’en prennent directement à la personne du directeur de l’entreprise M. Jean Oudin, et l’accusent d’avoir « assuré ses arrières » en dé

cidant la création d’une nouvelle société dont la publication légale a eu lieu au début de cette semaine.

Nous avons demandé à M. Oudin de nous expliquer de quoi il s’agissait exactement.

« La nouvelle Société constituée depuis la semaine dernière - nous a-t-il dit - était destinée à reprendre la commercialisation pour la région de notre fabrication afin de soulager l’entreprise de cette activité qui grevait notre budget.

« Je puis vous dire que jusqu’à ces derniers jours, nous avons tout tenté pour redresser la situation. Le 3 septembre dernier, nous avions encore fait une augmentation du capital afin de relancer l’affaire.

Un marché complètement fermé

« Hélas ! la conjoncture aidant, si je puis dire, le redressement n’a pas été suffisant. La crise que connaît le secteur du bâtiment et des travaux publics depuis quelques mois, a fait que notre marché, très spécialisé, s’est complètement fermé. Depuis le mois de décembre 73, nous essayions de trouver des débouchés à l’exportation, Des marchés furent trouvés, mais nous n’aurons pas eu le temps ni les moyens suffisants, malgré l’aide du service commercial de la Société Braud et Faucheux, d’Ancenis, actionnaire de l’entreprise, d’en tirer tous les bénéfices espérés ».

Dans le communiqué du syndicat CGT de l’entreprise, les travailleurs se déclarent « tous unis pour défendre leurs droits et leurs moyens de subsistance »..

Ils posent leurs revendications et exigent « le retour aux quarante heures et pas de salaire inférieur à 1.500 francs, la garantie des avantages acquis et de tous les emplois.

« Ils veulent que les travailleurs qui quitteraient l’entreprise soient considérés comme licenciés ».

Jusqu’à présent il n’y a pas eu de licenciement.

Et le communiqué conclut :

« Nous faisons tout pour que les Pouvoirs publics jusqu’ici inefficaces se préoccupent du sort des travailleurs. Déjà nous constatons la solidarité des travailleurs de Poitiers et des partis de gauche ».

Une démarche des partis de gauche

De fait, dans un communiqué, la section de Poitiers du PCF déclare notamment :

« La politique suivie par l’actuel gouvernement en liquidant certains secteurs de l’économie nationale, en réduisant les crédits des PME, en restreignant la consommation populaire, enfonce chaque jour le pays dans la crise. Au plan national, le PCF a proposé des solutions réalistes, raisonnables et efficaces.

« Au plan local, la section de Poitiers a constitué un dossier sur la situation de l’entreprise Oudin et a chargé Paul Fromonteil de le porter à la connaissance du Préfet de Région lors de l’entrevue qui a été demandée par les Fédérations du PCF et du Parti socialiste.

Ancenis ne répond pas

A Ancenis, où nous avons téléphoné hier, la Société Braud et Faucheux se refuse à toute déclaration concernant l’usine Oudin de Poitiers et son avenir, qui paraît très incertain.

 

 

le 01/02/2023 à 18:55

Source : Centre Presse

fermeture, licenciement

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