0864030/10/1974POITIERS
Comme le budget de la Santé Publique était hier en discussion à l’Assemblée Nationale, les agents hospitaliers ont mené une journée d’action. A Poitiers, elle était organisée par la CGT et la CFDT. Elle a débuté par un rassemblement, à 14 h, devant l’entrée de la Milétrie. Puis, il y a eu une assemblée générale dans les locaux syndicaux. Selon ses organisateurs, le mouvement a été suivi par 60 % des agents au CHR (Hôtel-Dieu) et au C.P.V. (Milétrie).
Dans certains secteurs de la Milétrie, ce chiffre de participation atteignait les 80 %, mais un service minimum était toujours assuré. Une délégation s’est rendue à la direction de l’Action sanitaire et sociale pour y déposer une motion. Le texte a trait tant aux conditions d’hospitalisation publique qu’aux revendications des personnels de santé.
"La santé en péril"
Parmi les revendications des hospitaliers : « aucun salaire inférieur à 1.250 F en janvier 1975, avec un réajustement dès l’ouverture des négociations salariales de 1974 » ; « les conditions de travail et l’harmonisation des hôpitaux par l’attribution de crédits substantiels aux hôpitaux publics » ; etc...
Le tract qu’ils ont distribué, édité par la CGT, avait pour titre : « La santé en péril ». On y relevait notamment : « Aujourd’hui, alors que le nombre de malades s’accroît, des services sont contraints de fermer leurs portes, et de surcroît des services de haute technicité, faute de personnel médical et paramédical ».
Ce tract a été largement diffusé lors de la manifestation, en fin d’après-midi, devant la préfecture.
Manifestation devant la Préfecture
Avant le début de cette manifestation, une délégation du personnel de l’entreprise Oudin avait été reçue à la préfecture.
« Giscard du pognon, pas d’accordéon », pouvait-on lire sur l’une des très nombreuses pancartes et banderoles brandies par les manifestants, des délégués de tous les secteurs publics et privés.
Tandis qu’une délégation de la CGT et de la CFDT était à son tour reçue à la préfecture, les manifestants ont fait le tour de la place puis ils ont défilé rue Victor-Hugo et place Leclerc.
Ils scandaient essentiellement des slogans « pour l’emploi et le pouvoir d’achat ». Mais s’y mêlaient aussi des cris nettement hostiles au chef de l’État et, avant la dispersion, des manifestants ont repris le slogan : « Ce n’est qu’un début, continuons le combat ». La manifestation s’est achevée, sans incident, vers 19 h.
A signaler que le débrayage prévu dans les banques n’a pas été suivi hier à Poitiers. Il est vrai qu’il s’agissait d’une action pour protester contre les risques de hold-up et que, à Poitiers, il n’y a jamais eu d’attaque de banque. Dans le reste de la région, ce mouvement n’a d’ailleurs pas non plus bien marqué : une délégation à Saintes et… quatre grévistes à Niort.
le 20/02/2023 à 15:37
Source : Centre Presse
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