0086218/11/1912POITIERS
Les lecteurs de "l'Avenir de la Vienne" savent que la loi du 27 février 1912 augmente dans d'énormes proportions les impôts de patente des grands magasins à succursales multiples.
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C'est pour protester contre cette loi et ses amendements, que les employés de commerce de Poitiers avaient organisé, hier après-midi à l'Hôtel de ville, une réunion dont voici le compte-rendu très résumé :
La séance est ouverte à 2 h 20 devant une assistance composée de 200 personnes et dans laquelle, à côté des employés et de plusieurs consommateurs, on remarque un groupe de dames employées.
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Puis M. Gravat, après avoir exposé le but de la réunion donne la parole au conférencier, M. François.
L'orateur déclare qu'il est venu pour prendre la défense des employés et des consommateurs. Dans un langage impressionnant il fait ressortir que si les amendements précités étaient votés et la loi de février maintenue, les magasins visés auraient leurs impôts et patentes si considérablement augmentés qu'il leur serait impossible de continuer leur commerce. Et, de ce fait, une quantité énorme d'employés seraient sacrifiés. Les consommateurs verraient de leur côté, par la disparition de ces magasins et par la diminution de la concurrence qui en résulterait, le prix des denrées considérablement augmenté.
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M. Gravat remercie et félicite l'orateur. Il donne également quelques explications sur les graves conséquences des nouveaux impôts des grands magasins. Puis il met aux voix l'ordre du jour suivant :
"Les employés de commerce et consommateurs poitevins, réunis le 17 novembre au nombre de 200 à l'Hôtel de ville de Poitiers ;
"Après avoir entendu M. François ;
"Considérant que ces amendements avaient pour effet immédiat d'aggraver la situation difficile des ouvriers, des employés, des petits fonctionnaires, c'est-à-dire de la partie vraiment intéressante de la consommation ;
"Émettent les vœux suivants :
"1°) L'abrogation de la loi du 27 février 1912, votée à l'instigation de M. Berry contre les magasins à succursales multiples ;
"2°) Que l'amendement voulant frapper tous les magasins tenant plusieurs sortes de marchandises, qu'ils appartiennent ou non à des succursales multiples, soit définitivement rejeté ;
"3°) Qu'aucune charge fiscale supplémentaire ne soit imposée au commerce.
Cet ordre du jour est voté à l'unanimité.
On décide ensuite, sur la proposition d'un assistant, qu'une délégation se rende le plus tôt possible auprès de M. le Préfet de la Vienne pour lui remettre copie de la protestation. On décide également de solliciter une audience de parlementaires de la Vienne dans le même but.
L'ordre du jour ne sera envoyé à Paris qu'après cette double démarche.
M. François annonce enfin qu'un congrès national, pour la défense des employés de commerce et des consommateurs, se tiendra à Paris demain mardi 19 novembre et il invite les employés de commerce de Poitiers à s'y faire représenter. S'ils ne le peuvent il se fera un plaisir d'être leur délégué général.
Après diverses observations, auxquelles M. Gravat répond très clairement, la séance est levée à 3 h 10.
le 30/04/2020 à 18:58
Source : L'Avenir de la Vienne
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