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0872326/11/1974POITIERS

OUDIN : LE PRÉFET RETRACE LE FILM DES POURPARLERS

Devant le Conseil général de la Vienne, M. Vochel, préfet, a au cours d’un exposé sur les affaires courantes et la situation économique de la Vienne, fait le point sur l’entreprise Oudin, comme attendu.

Après avoir rappelé que « quelles qu’aient été les circonstances, le bilan aurait été certainement déposé », car « il ne suffit pas d’avoir un carnet de commandes, encore faut-il que les commandes soient bonnes et qu’existe une trésorerie ». Le préfet a précisé que son souci, dans cette affaire, avait été double : « d’une part, atténuer les conséquences au plan humain du dépôt du bilan et, d’autre part, de maintenir une activité économique dans la zone de Poitiers.

M. Vochel a alors déclaré :

Sur le plan humain, tous les services compétents se sont immédiatement mobilisés, pour verser très rapidement aux salariés, les indemnités auxquelles ils ont droit et pour assurer le reclassement de ceux qui le souhaiteraient ».

« Il ne s’agit pas d’un lock-out »

Au sujet du « lock-out », le préfet a déclaré : « Je dois corriger cette affirmation. Après le dépôt du bilan, la seule autorité habilitée à prendre une quelconque décision était le syndic, or celui-ci a adressé, dans les formes légales, une lettre de licenciement, dans laquelle il était demandé à chacun de rester à la disposition des syndics ».

Et il a précisé : « Après la période préavis, si le réemploi n’est pas assuré d’ici là, tous les salariés, grévistes ou non, percevront des allocations de chômage ».

« Il faut 6 millions pour redémarrer »

« Sur le plan économique, a poursuivi M. Vochel, une étude financière a été faite pour examiner les conditions dans lesquelles une nouvelle société pourrait reprendre les activités Oudin. Il en résulte que pour démarrer, une trésorerie de l’ordre de 5 à 6 millions de francs est nécessaire, pour régler toutes les dépenses afférant à la production, avant les deux mois nécessaires pour les premières recettes.

C’est pourquoi, les syndics ont jugé qu’il leur était impossible de maintenir l’entreprise en fonctionnement ».

Dix entreprises sollicitées

C’est alors que le CODEV et l’Association Ouest-Atlantique ont été sollicités pour rechercher des industriels susceptibles, soit d’entrer dans une nouvelle société qui reprendrait les activités Oudin, soit d’implanter dans tout ou partie de l’usine, de nouvelles activités.

Une dizaine d’entreprises ont été contactées. La DATAR, s’en préoccupe en Allemagne, Belgique, Suède et Suisse. Parallèlement, la société Braud et Faucheux qui détient la majorité dans l’entreprise Ondin, a été sollicitée. Une société d’exploitation avait été envisagée. Malheureusement le fonds de trésorerie n’a pu être réuni.

Le ministère de l’Industrie a, de son côté, souhaité que se confirment les perspectives de solutions ouvertes localement.

120 ouvriers pourraient être réembauchés

M. Vochel précise alors les conclusions de ses récentes démarches.

« En effet, j’ai poursuivi mes démarches pour trouver à cette affaire une issue aussi favorable que possible, c’est-à-dire, contrairement à ce qui a été dit, une solution qui comporte une reprise des activités Oudin et non pas seulement la vente des locaux. Cette dernière solution est, à mes yeux, une hypothèse de repli vers laquelle on ne se tournera que si vraiment il n'y a aucun autre moyen d’en sortir.

« Ainsi, à ma demande, un administrateur de sociétés déjà installé dans la Vienne, a bien voulu ouvrir le dossier de cette affaire. Le projet qu’il a échafaudé devant moi tend à reprendre les activités Oudin avec le nombre d’ouvriers le plus adapté, une centaine peut-être, et à les compléter par de nouvelles fabrications qui occuperaient dans l’usine Oudin une vingtaine d'ouvriers. Cet industriel va faire cette semaine des propositions en vue de prendre l’entreprise en gérance libre pendant une période d’un an, délai nécessaire pour préparer l’assemblée concordataire qui décidera du règlement définitif de l’affaire vis-à-vis de ses créanciers.

« Le délai d’un an est suffisant pour lui permettre, tout en réalisant les commandes actuelles, de prendre une connaissance exacte des réalités techniques, financières et des marchés Oudin, donc de ses perspectives de redressement.

« Je précise que l’industriel subordonne sa proposition à plusieurs conditions dont un contrôle technique de la fiabilité du matériel qu’il fera réaliser dans les dix jours à venir et de conditions financières qui doivent être acceptées par les syndics et les actionnaires ».

Le tribunal de commerce décidera

« Bien entendu, la concrétisation éventuelle de cette solution dépendra des décisions du Tribunal de Commerce et de la position qu’adoptera l’entreprise Braud et Faucheux.

« Il va de soi que si ce schéma est mis en œuvre, le souci constant des pouvoirs publics de garantir l’emploi m’amènera à proposer aux ouvriers qui ne pourraient être repris dans ce cadre, des formules de reclassement dans des entreprises de la région de Poitiers qui recrutent en ce moment du personnel, soit immédiatement, soit après un stage de formation professionnelle complémentaire et rémunéré.

« Au point où l’on en est dans cette affaire, je ne suis ni pessimiste ni optimiste mais extrêmement attentif et je m’efforce au réalisme.

« J'aimerais que le pratiquent aussi, ceux qui ont tout intérêt à voir la situation en face et non pas comme ils voudraient la voir ; les porteurs d’actions aussi bien que les ouvriers ».,

Jamais au cours de son exposé le préfet n’a précisé quel était l’industriel intéressé. Mais, ainsi que nous l’avons annoncé dans notre édition de samedi, précisons qu’il s’agit de la Société Roffo qui possède dans la Vienne un atelier à Jaunay-Clan et un magasin à Saint-Pierre-d'Exideuil, près de Civray.

 

 

 

le 27/02/2023 à 19:19

Source : Centre Presse

métallurgie, fermeture, reprise, pouvoirs publics

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