0890015/05/1975POITIERS
« La lutte ouvrière chez Oudin ». Tel est le titre du livre blanc que vient de rédiger et d’éditer la section syndicale CGT Oudin sur le conflit qui, officiellement, s’est déroulé du 27 septembre 1974, jour de la première réduction d’horaires au vendredi 17 janvier, date de publication de la constitution de la S.E.M. Termit.
Ce « livre blanc », premier du genre édité dans la région par une section syndicale d’entreprise, se présente comme un historique. Historique de l’entreprise, historique de la section syndicale CGT puis de « l’affaire Oudin » elle-même. Un dernier chapitre enfin porte sur quelques remarques concernant le rôle des syndics, des pouvoirs publics et des élus locaux dans cette « lutte ouvrière »
Les conclusions mettent en lumière « l’importance de l’organisation, de l’information et de la popularisation ».
Cette affaire Oudin « a valeur d’exemple et montre l’importance que peut avoir une organisation syndicale », estime la CGT.
Tiré à 5.000 exemplaires, ce livre blanc sera diffusé à travers la région par l’intermédiaire des militants CGT (il est vendu 5 francs). On peut se le procurer dans les unions départementale et locales de Poitiers et Châtellerault.
Mais pour les anciens délégués CGT de l’entreprise « l’affaire Oudin n’est pas classée comme voudraient le faire croire les pouvoirs publics et le patronat ».
La réembauche
Pour eux « Braud et Faucheux est le grand bénéficiaire de cette opération coulage d’Oudin » et il reste un contentieux important. Ce contentieux se traduit notamment par « des atteintes graves aux libertés syndicales », De plus le réembauchage n’a pas eu lieu comme convenu. Seulement quatre-vingt-huit réembauchés sur les 110 prévus dans le protocole d’accord. A noter que l’entreprise comptait 230 personnes. Actuellement 72 chômeurs bénéficient de l’accord sur les licenciés pour motifs économiques (salaire 90 %).
Et le réembauchage s’est fait essentiellement sur le personnel qui n’était pas dans l’action. Aucun ouvrier élu de chez Oudin n’a été repris.
La CGT enfin s’étonne en citant cet exemple : « On nous dit que le personnel est réembauché en tenant compte exclusivement de sa classification. Comment se fait-il que l’on vienne d’embaucher un peintre qui ne faisait pas partie du personnel syndiqués à la CGT ? »,
Ce contentieux devrait dans les prochaines semaines trouver un épilogue devant les tribunaux.
le 12/03/2023 à 14:01
Source : Centre Presse
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