0907716/12/1975POITIERS
Le syndicat de la Vienne des cadres, techniciens, dessinateurs, administratifs, agents de maîtrise de la métallurgie de la Vienne (SICTAMEV-CGC) a tenu son assemblée générale à Châtellerault. Plus de 150 adhérents parmi lesquels 25 femmes ont participé à cette réunion où deux invités de marque animèrent les débats. Philippe Fichefeux, 1er vice-président national de la Fédération CGC de la Métallurgie et président du syndicat de Marseille et Jean-Pierre Chaffin, président du syndicat parisien de la métallurgie CGC.
Les travaux débutèrent par la partie statutaire. Jean-Claude Merle, secrétaire général du SICTAMEV, présenta le rapport d'activités. Parmi les interventions sur le plan économique, le sauvetage des Ets Guerry, de Mauléon (D.-S.) avec intervention en justice, auprès des pouvoirs publics et de l’opinion ; au plan de la défense des intérêts syndicaux : la signature d’un avenant à la convention collective de la Vienne reconnaissant le caractère spécifique des A.M.T. D.A., point de départ d’une convention propre à cette catégorie, et parrainage du syndicat métallurgie des Deux-Sèvres ; enfin, au plan de la défense des idées et principes : publication de documents sur l’emploi, le chômage et la retraite.
Le trésorier, Georges Le Meur, mit en évidence que l’action nécessite des moyens financiers, mais que l’« investissement » était payant puisque l’année 75 a battu tous les records de nouvelles adhésions.
Il revenait au président Jean-Louis Auger à parler de l'avenir du SICTAMEV : « Nous développerons l’action revendicative, déclara-t-il, tant au niveau des entreprises que du patronat départemental, mais avec notre style et notre manière propres. Nous ferons preuve d’imagination et nous nous démarquerons des autres syndicats, car nous voulons redonner au syndicalisme un visage authentique. Nous refusons les excès et la violence comme méthodes d’action, nous saurons éviter la confusion permanente entre l’action politique et l’action syndicale ».
L’affaire Bléreau
Il fut aussi bien sûr question de la séquestration des cadres aux Ets Bléreau à Cenon. Et à propos du jugement rendu le 5 décembre, le président Auger devait déclarer : « Nous ne nous réjouissons pas de la condamnation - même si elle est qualifiée de « légère » par certains - de nos collègues syndicalistes, responsables d’avoir voulu jouer le rôle « d’animateurs » dans cette affaire. Nous regrettons que nos appels à la raison n’aient pas été entendus le 9 octobre. Les cadres de Bléreau, victimes de cette opération, entendus comme témoins au cours du procès, ont été remarquables par leur dignité et leur modération, afin de ne pas accentuer le caractère délictueux des faits reprochés à leurs collègues de travail. La presse d’ailleurs, a souligné combien, au cours du procès, chacun s’était employé à « dédramatiser » l’affaire. Nous constatons que la Justice a confirmé le verdict de l’opinion publique : la désapprobation unanime de l’utilisation de telles méthodes ; même les supporters politiques des syndicats, au travers d’explications souvent embarrassées, ont désavoué le recours à de tels actes ».
Remplacer « les ordres » par « des impulsions »
La parole était ensuite donnée aux deux invités.
M. Jean-Pierre Chaffin (chef de service aux Compteurs Schlumberger de Montrouge) devait faire part de ses réflexions sur « l’évolution de l’encadrement dans l'entreprise ». M. Chaffin déclara : « il nous faut adopter une attitude positive : réfléchir et animer. Nous devons être capables de remplacer les « ordres » par de véritables « impulsions » aux groupes dont nous avons la charge ».
M. Philippe Fichefeux aborda ensuite les grands problèmes actuels. Pour lui, il est démontré que le plan de relance est insuffisant pour sortir de la situation catastrophique de chômage. « Plus du tiers des chômeurs recensés appartiennent à nos catégories ». A propos de la « pénibilité du travail pour l’avancement de l’âge de la retraite, M. Fichefeux posa la question : « Qu’est-ce qu’un travail pénible. Les statistiques médicales démontrent que les cadres sont les victimes les plus nombreuses de l’infarctus ! ».
Enfin à propos du déficit de la Sécurité sociale, il déclara : « Un appel à la solidarité nationale doit être fait et non pas aux seuls salariés qui paient déjà largement leur part, soit directement, soit indirectement ». « Les solutions avancées par certains font peser de lourdes menaces sur nos caisses de retraite. Nous devons être prêt à une réaction vigoureuse face à cette situation ».
le 26/03/2023 à 14:50
Source : Centre Presse
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